The German Occupation of Luxembourg
From World War I Document Archive
(as documented in the original German and French-language dispatches)
I.
ANNEXES. L 'INVASION ET L' OCCUPATION.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg, à M. de Jagow, Secretaire d'État pour les Affaires étrangères à Berlin.
Télégramme expédié le 1er août 1914 à 9 h. 15 du soir.
Preussische Offiziere und Soldaten haben heute den luxemburgischen Bahnhof
Ulflingen besetzt und oberhalb desselben auf unserm Boden die Bahnschienen
aufgerissen. Sie sollen dem Regiment Trier 69 angehören. Ich kann nur annehmen,
daß hier Irrtum vorliegt und erwarte Entschuldigung; muß aber umsomehr meine
dem Auswärtigen Amt durch den hiesigen deutschen Gesandten übermittelte Bitte
wiederholen, die Reichsregierung möge, ebenso wie im Jahre 1870, erklären, die
Neutralität Luxemburgs zu achten, so lange dieselbe nicht von einer andern Macht
verletzt wird.
EYSCHEN.
2.
M. Eyschen Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. de Buch, Ministred'Allemagne à Luxembourg.
Lettre remise à 6 heures du matin. Luxemburg, den 2. August 1914.
Euer Hochwohlgeboren habe ich soeben telephonisch von dem Erscheinen
deutscher Offiziere und Mannschaften auf Großherzoglichem Gebiete in Kenntnis
gesetzt. Ich erfahre, daß ein Eisenbahnzug mit Besatzung nach Luxemburg
unterwegs sei und eine große Anzahl von Automobilen via Wasserbillig nach
Luxemburg durchgefahren sei. Gegen diese flagrante Verletzung der Neutralität des
Landes legt die Großherzogliche Regierung energischen Protest ein, sich alles
Weitere vorbehaltend. Bitte diesen Protest sofort der Reichsregierung zuübermitteln.
EYSCHEN.
Protestation remise au chef de la première troupe allemande débarquant en gare
de Luxembourg
Luxemburg, den 2. August
Die Großherzoglich Luxemburgische Regierung legt energisch Protest ein gegen die
durch das Erscheinen deutscher Offiziere und Soldaten in Luxemburg stattgefundene
Verletzung der Neutralität des Großherzogtums und bittet Sie, derjenigen Behörde der
Reichsregierung, welche Ihnen zu diesem Schritte Befehl erteilt hat, diesen Protest
sofort auf telegraphischem Wege zu übermitteln. Die Großherzoglich Luxemburgische
Regierung behält sich weitere Schritte vor.
Der Staatsminister,
EYSCHEN.
Abgegeben durch Franck, Oberleutnant der Freiwilligen-Kompagnie. Luxemburg, den
2. August 1914, 8,05 Uhr vormittags.
FRANCK.
Kenntnis genommen,
Wierss, Hauptmann u. Kompagnie-Chef im Infanterie-Regiment, von Horn (3. Rhein.)
Nr. 29.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernemenent, aux Ministres des
Affaires étrangères à Bruxelles, La Haye, Londres, Paris, Saint Petersbourg et Vienne.
Télégramme expédié à 7 heures du matin.
Luxembourg, le 2 août 1914.
J'ai l'honneur de porter à la connaissance de Votre Excellence les faits suivants:
Dimanche, 2 août, de grand matin, les troupes allemandes, d'après les informations quisont parvenues au Gouvernement grand-ducal à l'heure actuelle, ont penetré sur le territoire luxembourgeois par les ponts de Wasserbillig et de Remich se dirigeant
spécialement vers le sud du pays et vers la ville de Luxembourg, capitale du
Grand-Duché. Un certain nombre de trains blindés avec des troupes et des munitions
ont été acheminés par la voie des chemins de fer de Wasserbillig à Luxembourg, ou l'on
s'attend de les voir arriver d'un instant à l'autre. Ces faits impliquent des actes
manifestement contraires à la neutralité du Grand Duché, garantié par le traite de
Londres de 1867. Le Gouvernement luxembourgeois n'a pas manqué de protester
energiquement contre cette agression auprès des Representants de Sa Majesté
l'Empereur d'Allemagne à Luxembourg. Une protestation identique va etre transmise
télégraphiquement au Secretaire d'État pour les Affaires etrangères à Berlin.
Le Ministre d'État, Président du Gouvernement,
EYSCHEN.
M. le major de Baerensprung au Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg.
Télégramme reçu le 2 août 1914, à 9 h. 50 du matin.
Stadt Luxemburg auf Befehl der 16. Division besetzt.
VON BAERENSPRUNG, Major.
S. A. R. Madame la Grande-Duchesse de Luxembourg à l'Empereur d'Allemagne
Télégramme expédié le 2 août 1914, 10 h. du matin.
Das Großherzogtum wird in diesem Augenblicke von deutschen Truppen besetzt.
Meine Regierung hat sofort an zuständiger Stelle Protest eingereicht und Erklärung der
Motive des Vorfalles gefordert. Ich bitte Eure Majestät diese Erklärungen
beschleunigen und in jedem Falle die Rechte des Großherzogtums wahren zu wollen.
MARIA ADELHEID.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. de Jagow, Secretaire d'État pour les Affaires étrangères à Berlin.
Télégramme expédié le 2 août 1914, à 10 h. 30 du matin.
Euer Hochwohlgeboren habe ich eben telephonisch von dem Erscheinen deutscher
Offiziere und Mannschaften auf Großherzoglichem Gebiet in Kenntnis gesetzt. Ich
erfahre, daß ein Eisenbahnzug mit Besatzung nach Luxemburg unterwegs sei und eine
grosse Anzahl von Automobilen via Wasserbillig nach Luxemburg durchgefahren sei.
Gegen diese flagrante Verletzung der Neutralität des Landes legt die Großherzogliche
Regierung energisch Protest ein, sich alles Weitere vorbehaltend. Bitte diesen Protest
sofort der Reichsregierung zu übermitteln.
Staatsminister,
EYSCHEN
M. de Bethmann Hollweg, Chancelier de l'Empire d'Allemagne, à M. de Buch, Ministre d'Allemagne à Luxembourg.
Télégramme expédié de Berlin le 2 août 1914, à 11 h. 55 du matin et arrivé à la
Legation d'Allemagne à Luxembourg le même jour à 12 h. 30; copie en a été remise
par le Ministre d'Allemagne au Ministre d'État du Luxembourg, le même jour à 2 h.
de l'après-midi.
Unsere militärischen Maßnahmen in Luxemburg bedeuten keine feindselige Handlung
gegen Luxemburg, sondern lediglich Maßnahmen zur Sicherung der in unserm Betrieb
befindlichen dortigen Eisenbahnen gegen Ueberfälle der Franzosen. Luxemburg erhält
für eventuellen Schaden volle Entschädigung. Bitte dortige Regierung benachrichtigen.
Gez. von Bethmann Hollweg.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à MM. les Ministres des
Affaires étrangères à Bruxelles, La Haye, Londres, Paris, Saint-Pétersbourg et
Vienne.
Télégramme expédié le 2 août 1914, à 3 h. et demie du soir.
Ministre d'État du Luxembourg, Eyschen, vient de recevoir par l'intermédiaire du
Ministre d'Allemagne à Luxembourg, M. de Buch, un télégramme du Chancelier de
l'Empire allemand Bethmann Hollweg disant que les mesures militaires à Luxembourg
ne constituent pas un acte hostile contre le Luxembourg, mais sont uniquement des
mesures destinées à assurer contre attaque eventuelle d'une armée française
l'exploitation des voies ferrées affermées à l'Empire. Le Luxembourg recevra complète
indemnité pour dommage eventuel.
EYSCHEN.
M. de Jagow, Secrétaire d'État pour les Affaires étrangères, à Berlin, à M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement.
Télégramme expédié de Berlin le 2 août 1914, à 2 h. 36 du soir et reçu le même jour
à 4 h. 21 du soir.
Die militärischen Maßnahmen sind zu unserm grössten Bedauern dadurch
unvermeidlich geworden, daß wir zuverläßige Nachrichten haben, wonach französische
Streitkräfte im Vormarsch auf Luxemburg sind. Wir mußten die Maßnahmen zum
Schutz unserer Armee und zur Sicherung der Eisenbahnen treffen. Ein feindlicher Akt
gegen das befreundete Luxemburg ist von uns in keiner Weise beabsichtigt.
Zu vorheriger Verständigung mit Luxemburgischer Regierung war bei der drohenden
Gefahr leider keine Zeit mehr.
Die Kaiserliche Regierung sichert Luxembourg vollen Schadenersatz für von uns
verursachte Schäden zu.
JAGOW.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, aux Ministres des Affaires
étrangères à Bruxelles, La Haye, Londres, Paris, Saint Pétersbourg et Vienne.
Télégramme expédié le 2 août 1914, à 5h. et demie du soir.
La dépêche suivante vient de parvenir au soussigné Ministre d'État, Président du
Gouvernement du Luxembourg:
«Les mesures militaires sont devenues inévitables, à notre plus grand regret, par le fait
que nous avons des nouvelles certaines d'après lesquelles les troupes françaises sont
en marche sur Luxembourg.
Nous avons dû prendre des mesures pour la protection de notre armée et la sûreté des
voies ferrées. Il n'y a de notre part aucune intention de poser un acte hostile contre le
Luxembourg ami.
En présence du péril imminent nous n'avions malheureusement plus le temps d'en aviser
préalablement le Gouvernement luxembourgeois.
Le Gouvernemeut impérial garantit au Luxembourg une complète indemnisation pour
les dommages causés.
signé: Jagow »
EYSCHEN.
M. le lieutenant général Tülff de Tschepe et Weidenbach, général commandant en
chef le VIIIe corps d'armée prussien, à la population Iuxembourgeoise.
Proclamation distribuée le 3 août 1914,
Tous les efforts les plus sérieux de Sa Majesté, l'Empereur d'Allemagne, de
conserver la paix ont échoué. L'ennemi a forcé l'Allemagne de tirer l'épée. La
France, ayant violé la neutralité du Luxembourg, a commencé les hostilités - comme
on a constaté sans le moindre doute - du sol luxembourgeois contre les troupes
allemandes. En vue de cette nécessité urgente Sa Majesté a ordonné aussi aux
troupes allemandes - en première ligne au VIIIe corps d'armée - d'entrer dans le
Luxembourg.
L'occupation du Luxembourg a cependant le seul but, d'ouvrir le chemin aux
opérations futures. Elle se fait sous l'assurance formelle:
l° qu'elle ne sera que passagère;
2° que la liberté personnelle et les biens de tous les Luxembourgeois seront
complètement estimés et garantis;
3° que les troupes allemandes sont accoutumées à une discipline sévère;
4° que toutes les livraisons seront payées argent comptant.
Je me fie au sentiment de justice du peuple luxembourgeois, qu'il sera convaincu que
Sa Majesté n'a ordonné l'entrée des troupes dans le Luxembourg que cédant à la
dernière necessité et forcé par la violation de la neutralité du Luxembourg de la part
de la France.
En répetant les garanties susdites; j'espère que le peuple luxembourgeois et son
Gouvernement éviteront d'aggraver la tâche des troupes allemandes.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à MM. De Bethmann
Hollweg, Chancelier de l' Empire d' Allemagne et de Jagow, Secrétaire d' État
pour les Affaires étrangères, à Berlin.
Télégramme expédié le 3 août 1914 à 9 h. 1\2 du matin.
Für das mir gestern übersandte Telegramm bezüglich der Besetzung Luxembourgs
durch deutsche Truppen spreche ich Ihnen meinen Dank aus.
Soeben verteilt man in der Stadt Luxemburg eine Proklamation des Kommandieren
Generals des VIII. Armeeskorps Tülff von Tschepe, welche folgende Worte enthält:
«Nachdem Frankreich, die Neutralität Luxemburgs nicht achtend die
Feindseligkeiten - wie zweifelsfrei festgestellt - von luxemburgischem Boden aus
gegen Deutschland eröffnete, haben Seine Majestät Befehl erteilt, daß auch
deutsche Truppen in Luxemburg einrücken.»
Es beruht dies auf Irrtum. Es befindet sich auf Luxemburgischem Boden absolut
kein französisches Miltär noch irgendwelche Anzeichen von einer Bedrohung der
Neutralität von seiten Frankreichs. Im Gegenteil, am 1. August, Samstag abends,
wurden auf französischem Boden bei Mont-Saint-Martin-Longwy die Schienen der
Eisenbahn aufgerissen. Das beweist, daß bereits damals die Absicht nicht vorlag,
per Bahn nach Luxemburg vorzudringen.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. de Jagow,
Secrétaire d'État pour les Affaires étrangères, à Berlin.
Télégramme expédié le 3 août 1914, à midi 47.
Erfahre, daß ein deutscher Agent nach dorten gemeldet, es seien am 1. August,
Samstag abend, 650 französische Militärradfahrer durch Luxemburger Land gefahren.
An dieser Nachricht ist nach Gendarmerie-Bericht kein wahres Wort.
EYSCHEN.
Discours prononcé par M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement,à la séance de la Chambre des deputés du 3 août 1914.
« Samedi, 1er août, nous avons appris de très grand matin qu'on avait barré les ponts
sur la Moselle et une partie des ponts sur la Sûre. J'ai immédiatement senti que le
moment était venu où nous pourrions demander une déclaration de la part de nos deux
voisins, disant qu'ils respecteraient la neutralité du Luxembourg. Je me suis donc
adressé immédiatement, de grand matin, à M. von Buch et à M. Mollard, et je leur ai
dit que le moment était venu où la France et l'Allemagne devaient nous donner, comme
en 1870, une déclaration que la neutratité du Luxembourg ne serait pas violée; j'ai
ajouté que ces deux pays pourraient faire la réserve que, si l'une ou l'autre des
puissances attaquait le Luxembourg, qu'alors ils agiraient selon leurs propres intérêts.
Jusqu'aujourd'hui, je n'ai pas eu cette réponse, (Mouvement) bien que j'aie réitéré ma
demande. (Interruptions )
Le lendemain, j'ai reçu par l'agence Havas la nouvelle que le Ministre de France en
Belgique avait déclaré au Gouvernement que la France ne violerait pas la neutralité de
la Belgique, à moins que l'adversaire n'agît pas de même. Je me suis de nouveau
adressé aux deux ministres accrédités ici, en réitérant ma demande, et en les priant de
bien vouloir la transmettre à leurs Gouvernements. Jusqu'à ce moment, je n'ai pas eu
de réponse. C'est alors, dans ces circonstances, que nous avons senti que la situation
devenait de plus en plus inquiétante.
Un petit incident s'est ensuite passé à la gare de Troisvierges. Deux lieutenants avec un
certain nombre d'hommes sont arrivés dans la gare de Troisvierges et ont déclaré
vouloir occuper le télégraphe; ils ont ensuite fait arracher les rails sur notre territoire
sur une longueur de 150 mètres. Dès l'abord, cela m'a semblé être une erreur. Arracher
les rails de ce côté là, je ne comprends pas, j'aurais compris qu'on eût arraché des rails
en ce moment-là de l'autre côté, sur la partie prussienne qui va vers Saint Vith. J'ai
télégraphié, et j'ai été heureux de pouvoir saisir le moment pour pouvoir télégraphier
le fait à Berlin. J'ai alors, pendant quelques jours, été en relations avec Berlin et j'ai
toujours télégraphié, d'abord au Chancelier M. von Bethmam-Hollweg et ensuite à M.
von Jagow, le Secrétaire d'État pour les affaires étrangères. Je lui ai déclaré ceci:
«Preussische Offiziere und Soldaten haben heute den luxemburgischen Bahnhof
Ulflingen besetzt und oberhalb desselben auf unserm Boden die Bahnschienen
aufgerissen. Sie sollen dem Regiment Trier 69 angehören. Ich kann nur annehmen, daß
hier Irrtum vorliegt und erwarte Entschuldigung; muß aber umsomehr meine dem
Auswärtigen Amt durch den hiesigen deutschen Gesandten übermittelte Bitte
wiederholen, die Reichsregierung möge, ebenso wie im Jahre 1870, erklären, die
Neutralität Luxemburgs zu achten, so lange dieselbe nicht von einer andern Macht
verletzt wird.»
Le passage par les ponts avait été fermé pendant une nuit, mais on nous a déclaré que
pendant le jour le passage était libre.
Mais, Messieurs, les événements se sont alors précipités, et à la date du 2 août, c'était
donc hier, nous avons vu que des officiers et des soldats ont pénétré en territoire neutre.
Les détails, vous les connaissez par les journaux, je ne veux pas y insister. Je me suis
naturellement rendu de nouveau chez le Ministre d'Allemagne pour lui transmettre mes
protestations et pour le prier de les faire parvenir directement à Berlin. Vous savez que
les officiers et les troupes qui sont arrivés à Luxembourg, nous étions là à les attendre
dès 5 heures du matin, et lorsque nous avons acquis la conviction de la violation de la
neutralité, nous avons immédiatement publié une proclamation qui a paru à 10 heures.
Nous y avons recommandé à nos concitoyens de conserver leur sang-froid.
A l'arrivée du premier train, nous avons fait présenter une protestation dont nous avons
demandé un reçu. Mais j'ai alors cru nécessaire d'envoyer également de nouveau une
protestation à Berlin aux deux autorités dont je viens de parler et j'ai expressément
demandé des explications sur les faits, parce que je me suis dit qu'il devait y avoir une
erreur. Je ne pouvais pas admettre qu'un acte offensif vis-à-vis du Luxembourg eût éte
décrétée par l'Allemagne, alors que nous vivons en pleine paix et que, de la part du
Luxembourg, aucun acte n'avait été posé pouvant justifier ces procédés.
Son Altesse Royale la Grande-Duchesse s'est jointe à nous et a télégraphié directement
à l'empereur d'Allemagne pour le prier de sauvegarder les intérêts du pays et aussi pour
que le Gouvernement impérial hâtât les explications que nous lui avons demandées.
Ces explications, vous avez remarqué que nous les avons reçues par un premier
télégramme du Chancelier, M. von Bethmann Hollweg, et elles ont été confirmés et
élargies par un second télégramme de M. von Jagow.
Le premier télégramme est déjà très important. J'ajouterai, et cela ne vous étonnera pas,
que tous les faits qui se sont passés ici, je les ai portés immédiatement à la
connaissance des grandes Puissances, et d'abord notre protestation contre la violation
de la neutralité. Non seulement les Ministres accrédités ici à Luxembourg, mais les
Ministères des Affaires étrangères des grandes Puissances, je les ai tenus au courant
de tous les détails. Je vous fais trâce des pièces, il vous suffira de connaitre les faits.
Le même jour, avant d'avoir eu ces réponses, nous avons reçu certaines explications.
Le matin, le commandant qui avait été chargé d'amener les premières troupes, s'est
présenté en mon cabinet et il m'a dit--d'abord il m'avait télégraphié qu'il était chargé
d'occuper la ville de Luxembourg et ensuite il s'est présenté--il m'a dit qu'on supposait
que dans le Luxembourg il existait un véritable danger pour l'Allemagne par suite des
faits de guerre que la France avait posés ou qu'elle voulait poser. Nous ne savions pas
de détails, mais nous apprîmes plus tard certaines indications confirmatives, et c'est ce
qui est selon moi très important. Le télégramme du Chancelier disait ceci:
«Unsere militärischen Maßnahmen in Luxemburg bedeuten keine feindselige Handlung
gegen Luxemburg, sondern lediglich Maßnahmen zur Sicherung der in unserem Betrieb
befindlichen dortigen Eisenbahnen gegen Ueberfälle der Franzosen. Luxemburg erhält
für eventuellen Schaden volle Entschädigung. Bitte dortige Regierung benachrichtigen.
»
Le télégramme était adressé à M. von Buch.
Le second télégramme que m'a adressé M. von Jagow, est plus explicite:
«Die militärischen Maßnahmen sind zu unserm grössten Bedauern dadurch
unvermeidlich geworden, daß wir zuverläßige Nachrichten haben, wonach französische
Streitkräfte im Vormarsch auf Luxemburg sind. Wir mußten die Maßnahmen zum
Schutz unserer Armee und zur Sicherung der Eisenbahnen treffen. Ein feindlicher Akt
gegen das befreundete Luxemburg ist von uns in keiner Weise beabsichtigt. Zu
vorheriger Verständigung mit Luxemburgischer Regierung war bei der drohenden
Gefahr leider keine Zeit mehr. Die Kaiserliche Regierung sichert Luxemburg vollen
Schadenersatz für von uns verursachte Schäden zu.»
Dès que nous étions en possession de ces télégrammes, nous avons pu déclarer que
l'armée allemande, qui se trouvait chez nous, ne peut pas considérer le pays comme un
pays occupé par un fait de guerre. Il y a là une question de fait des plus importantes.
Le droit des gens accorde certains droits et impose certains devoirs à une armée
occupant le territoire ennemi. Il donne au belligérant des droits vis-à-vis de ce pays et
de ses populations. Ces principes fixent aussi les droits et devoirs des pays occupés par
suite de faits de guerre. Mais notre situation actuelle présente un caractère spécial. Il
y a une occupation de fait, certainement, mais les droits luxembourgeois jusqu'ici n'ont
pas subi de modification ni d'altération en droit. C'est un fait excessivement important
et je tiens à le souligner
J'ai eu aussi, ce matin, des explications à ce sujet avec une autorité militaire supérieure,
le général Fuchs, et d'autre part, avec le Ministre d'Allemagne, avec lequel j'ai conféré
à plusieurs reprises, pour les convaincre et ils ont reconnu l'exactitude de l'exposé que
je viens de faire.
Depuis lors, vous avez vu qu'il y a eu, dans la journée d'hier et d'aujourd'hui, de
nouvelles troupes qui arrivent. Et s'il y a des personnes qui disent qu'il y a 15.000 à
20.000 hommes dans le Grand-Duché, dites leur qu'il n'y a personne qui peut le savoir,
que ce n'est que le chef de l'armée qui le sait et qui ne le dira pas, que tout ce qu'on peut
avancer ne sont que des suppositions. Il est évident que les secrets militaires ne seront
pas dévoilés. Nous ne saurons pas le nombre de soldats qui viendront dans le pays.
Ce qui nous a étonné surtout, c'est l'affirmation qui se trouve dans les deux déclarations
de l'Allemagne qu'il y aurait un danger émanant du Grand-Duché de Luxembourg.
Toute la population luxembourgeoise a été étonnée et elle a demandé où était l'ennemi.
En Allemagne, on avait l'intime conviction qu'il y aurait une bataille dans le pays de
Luxembourg. on l'a déclaré partout. Le motif d'où cette opinion est née, nous avons
appris à le connaître ou du moins à le soupçonner;
Vous aurez remarqué que ce matin les journaux ont publié une proclamation du général
du VIIIe corps d'armée, qui devait être distribuée à Luxembourg; elle a été imprimée
à Coblence. Voici ce que je sais de cette pièce. Elle existe, mais l'officier qui en était
porteur n'avait pas l'intention de la distribuer. Devant le Ministre d'Allemagne, chez qui
nous étions également, M. le bourgmestre de la ville de Luxembourg et moi, cet officier
a déclaré que la proclamation ne serait pas distribuée. Cependant il paraît que, pendant
ce temps, son chauffeur qui l'attendait devant la porte, en a distribué quelques
exemplaires. (Interruptions.)
Je tiens seulement à le déclarer - et ceci je le dois à la vérité - qu'il avait été décidé que
la proclamation ne serait pas distribuée dans notre pays. Mais la pièce existe et elle
permet de savoir à peu près ce que l'on a pensé.
Voici la pièce, elle est signée par le «kommandierende General des VIII. Armeekorps»,
et dit ceci:
«Alle ernsten Bemühungen Sr. Majestät unseres Kaisers und Königs, den Frieden zu
erhalten, sind gescheitert. Der Feind hat Deutschland das Schwert in die Faust
gezwungen. Nachdem Frankreich, die Neutralität Luxemburgs nicht achtend, die
Feindseligkeiten - wie zweifelsfrei festgestellt - vom luxemburgischen Boden aus gegen
deutsche Truppen eröffnete, haben Seine Majestät unter dem bitteren Zwange eiserner
Notwendigkeit den Befehl erteilt, daß auch deutsche Truppen, in erster Linie das VIII.
Armeekorps, in Luxemburg einrücken. »
C'est donc là - et tout le pays pourra en témoigner -- une erreur manifeste. La France
aurait déjà violé la neutralité du Luxembourg, sur notre territoire des hostilités auraient
déjà été ouvertes contre des troupes allemandes, et chez nous personne n'en a rien vu
ni entendu! Et pourtant tout cela se trouve dans une pièce officielle !
Voici la suite de la proclamation dont certains points ne laissent pas de nous donner
quelque satisfaction:
«Die Besetzung Luxemburgs erfolgt indessen lediglich, um freie Bahn für weiteres
Handeln zu gewinnen und unter der ausdrücklichen Zusicherung:
1. daß sie nur eine vorübergehende sein soll;
2. daß persönliche Freiheit und Besitz aller Luxemburger voll gesichert und geachtet
bleiben werden:
3. daß die deutschen Truppen eiserne Disziplin zu halten gewöhnt sind,
4. daß alle Leistungen bar entschädigt werden.
Ich vertraue auf den Gerechtigkeitssinn des luxemburgischen Volkes, daß es sich der
Einsicht nicht verschließen wird, daß Seine Majestät, nur dem unvermeidlichen Zwange
folgend und veranlaßt durch die Nichtachtung der Neutralität seitens Frankreichs den
Einmarsch der Truppen in Luxemburg befohlen haben und erwarte, unter nochmaliger
Betonung der oben gegebenen Garantien, daß das luxemburgische Volk und seine
Regierurg durch ihre Haltung die den deutschen Trappen gestellte Aufgabe nicht
erschweren werden.
TÜLFF VON TSCHEPE UND WEIDENBACH.
Kommandierender General des preußischen VIII. Armeekorps.»
La proclamation était rédigée en allemand et en français.
Dès que j'étais en possession de cette pièce, je me suis dit qu'à mon sentiment il y avait
erreur dès le début et cette erreur regrettable est confirmée dans cette pièce si
importante. Si le Gouvernement allemand n'avait pas eu des nouvelles fausses sur la
situation du Grand-Duché, on n'aurait pas envahi le Luxembourg. C'est le général d'une
grande armée qui fait ces affirmations devant les Luxembourgeois. Or, tout le peuple
sait qu'elles sont erronées. Chacun pourra en tirer ses conclusions.
C'est alors que je me suis vu forcé d'envoyer au Chancelier de l'Empire et au Secrétaire
d'État pour les Affaires étrangères un télégramme dont voici la teneur:
«Soeben verteilt man in der Stadt Luxemburg eine Proklamation des kommandierenden
Generals des VIII. Armeekorps, Tülff von Tschepe, welche folgende Worte enthält:
<Nachdem Frankreich, die Neutralität Luxemburgs nicht achtend, die Feindseligkeiten,
wie zweifelsfrei festgestellt, vom luxemburgischen Boden aus gegen Deutschland
eröffnete, haben Seine Majestät Befehl erteilt, daß auch deutsche Truppen in
Luxemburg einrücken. >
Es beruht dies auf Irrtum. Es befindet sich auf luxemburgischem Boden absolut kein
französiches Militär noch irgend welche Anzeichen von einer Bedrohung der
Neutralität von seiten Frankreichs. In Gegenteil, am 1. August, Samstag abends,
wurden auf französischem Boden bei Mont-St-Martin-Longwy die Schienen der
Eisenbahn aufgerissen. Das beweist, daß bereits damals die Absicht nicht vorlag, per
Bahn nach Luxemburg vorzudringen.»
Voilà une preuve évidente qu'il n'y avait rien de suspect dans notre pays. Si on avait
voulu envahir le Grand-Duché, ce n'est pas le 1er août qu'on aurait rendu impossible
l'introduction des troupes par chemin de fer. Ceci n'est pas douteux. Mais il y a plus.
J'ai pu me convaincre qu'on a répandu intentionnellement de fausses nouvelles. Je n'en
ai pas la preuve pour le moment, mais d'après ce que j'ai appris de source certaine les
autorités allemandes ont été informées que le samedi soir 650 cyclistes, appartenant à
l'armée française, seraient entrés dans le pays et seraient arrivés à Luxembourg. Et
l'occupation n'a pas tardé.
Vous comprenez qu'immédiatement j'ai télégraphié qu'il n'y avait pas un mot de vrai
là-dedans. Voilà ce qui s'est passé. Attendons ce qui va arriver. Le fait est là,
l'occupation est ordonné, elle continuera, mais il y a là deux faits absolument acquis:
c'est que d'abord, de la part des autorités allemandes, il est déclaré qu'on ne veut pas
poser des faits de guerre et que l'occupation ne peut être que passagère. Nous avons
d'autant plus l'espoir que ceci se réalisera, que les deux faits sur lesquels l'occupation
est basée et dont parle la proclamation, qui est signée par un général, sont faux, surtout
celui dont je viens de parler encore, des 650 cyclistes français. J'ai tenu à ce que ces
faits-là soient éclaircis. Je le déclare devant le pays et devant l'Europe. »
La Chambre a approuvé les actes du Gouvernement en adoptant à l'unanimité l'ordre
du jour suivant:
« La Chambre, après avoir entendu les déclarations de M. le Ministre d'État, s'associe
aux protestations qu'il a notifées au Gouvernement allemand et communiquées aux
Puissances signataires du traité de Londres de 1867;
» Approuve les actes du Gouvernement grand-ducal et passe à l'ordre du jour. »
M. René Viviani, Président du Conseil, à Paris, à M. Mollard, Ministre de France,
à Luxembourg.
Télégramme dont la copie à été remise le 3 août 1914, à 7 h. 25 du soir par M. Mollard
à M. Esychen [Eyschen].
Paris, le 2 août, à 16 h. 20 m.
Veuillez déclarer au Président du Conseil que conformément au traité de Londres de
1867, le Gouvernement de la République entendait respecter la neutralité du
Grand-Duché de Luxembourg comme il l'a démontré par son attitude. La violation de
cette neutralité par l'Allemagne est toutefois de nature à obliger la France à s'inspirer
désormais à cet égard du souci de sa défense et de ses intérêts. D'autre part le
Commissaire spécial à Petit-Croix a annoncé à la Sûreté générale que les Allemands
viennent d'ouvrir le feu sur le poste frontière de Delle Petit Croix. Deux officiers de
cavalerie allemande viennent d'être tués à Ranceray et Boxou à dix kilomètres à
l'intérieur de nos frontières.
René Viviani.
Sir Edward Grey ,Secrétaire d'É'at pour les Affaires étrangères, à Londres, à M.
Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement.
Télégramme reçu le 3 août 1914, à 10 heures du soir.
Am obliged to your Excellency for the two telegrams which you were good enough to
send to me. The serious matters to which they allude will engage the earnest attentions
of His Majesty's government.
GREY.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du gouvernement, à M. Mollard, Ministre
de France, à Luxembourg.
Lettre. Luxembourg, le 4 août 1914.
Monsieur le Ministre,
Par sa communication verbale d'hier soir, Votre Excellence a eu la haute obligeance de
porter à ma connaissance que, conformément au traité de Londres de 1867, le
Gouvernement de la République entendait respecter la neutralité du Grand-Duché de
Luxembourg, comme il l'avait montré par son attitude, mais que la violation de cette
neutralité par l'Allemagne était toutefois de nature à obliger la France à s'inspirer
désormais à cet égard du souci de sa défense et de ses intérêts.
Vous me permettrez de constater, M. le Ministre, que la décision du Gouvernement de
la République est uniquement basée sur le fait d'une tierce Puissance dont, certes, le
Grand-Duché n'est pas responsable.
Les droits du Luxembourg doivent donc rester intacts.
L'Empire allemand a formellement déclaré que seule une occupation temporaire du
Luxembourg entrait dans ses intentions.
J'aime à croire, M. le Ministre, que le Gouvernement dè la République n'aura pas de
peine à constater avec moi que, de tout temps et en toutes circonstances, le
Grand-Duché a pleinement et loyalement rempli toutes les obligations généralement
quelconques qui lui incombaient en vertu du traité de 1867.
Veuillez etc.
Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN.
Extrait du discours de M. de Bethmann Hollweg, Chancelier de l'Empire
d'Allemagne à la séance du Reichstag du 4 août 1914
Wir sind in Notwehr und Not kennt kein Gebot. Unsere Truppen haben Luxemburg
besetzt und vielleicht schon belgisches Gebiet betreten. Das widerspricht den Geboten
des Völkerrechtes. Die französische Regierung hat zwar in Brüssel erklärt, die
Neutralilät Belgiens respektieren zu wollen, solange der Gegner sie respektiere.
Frankreich konnte warten, wir nicht. Ein französischer Einfall in unsere Flanke am
unteren Rhein hätte verhängnisvoll werden können. So waren wir gezwungen, uns über
den berechtigten Protest Luxemburgs und der belgischen Regierung hinwegzusetzen.
Das Unrecht, das wir damit tun werden wir wieder gut machen, sobald unser
militärisches Ziel erreicht ist. Wer so bedroht ist wie wir und um sein Höchstes kämpft,
der darf nur daran denken, wie er sich durchhaut (Ungeheure Bewegung; stürmisch
wiederholter BeifaII.)
Message de S. A. R. Madame la Grande-Duchesse à la séance de la Chambre des
députés du 10 Novembre 1914
Messieurs,
C'est un besoin du cur qui M'amène au milieu de vous.
Tous, Nous sommes profondément navrés du spectacle de cette monstrueuse guerre où
se trouvent engagés les Êtats voisins du Grand-Duché. Et dire qu'après plus de cent
jours de luttes affreuses et cruelles, comme l'humanité n'en a jamais connues, le mot de
Paix n'ose encore s'aventurer sur aucune lèvre !
Nous ne pouvons intervenir que pour panser les blessures, relever les existences
défaillantes et soulager tout le cortège de misères et de souffrances qui affluent vers le
Grand-Duché. Sous ce rapport, Notre pays remplit largement son devoir; il continuera
à le faire, et Je m'empresse d'exprimer à Nos populations Mes vifs remerciments pour
les sacrifices intelligents et dévoués qu'elles ne cessent de faire en ces douloureuses
circonstances.
La neutralité du Grand-Duché a été violée. Moi et Mon Gouvernement, Nous Nous
sommes empressés de protester contre cet acte. Ces faits ont été immédiatement portés
à la connaissance des Puissances signataires du traité de Londres de 1867. Et la
Chambre des députés a donné son approbation à Notre conduite.
Nos droits demeurent done entiers, bien qu'ils aient été méconnus.
La promesse a été donnée que le préjudice causé serait réparé, et l'on a mis de
l'empressement à solder nombre de dettes contractées et de justes indemnités
occasionnées lors du passage des troupes.
Le pays ne se considère nullement comme délié des obligations lui imposées par les
traités internationaux. (Bravo!) Comme par le passé, il continuera à les remplir
loyalement. Notre protestation reste donc debout et Nous la maintenons dans toute sa
teneur. (Bravo!)
J'ai été heureuse de constater la correction que Nos populations ont mise dans leurs
rapports avec les troupes envahissantes et de voir le tact avec lequel elles ont su éviter
des incidents fâcheux. Je les en remercie sincèrement. Elles en agiront; de même à
l'avenir, pour qu'on ne puisse Nous adresser le moindre reproche de manque à Nos
devoirs internationaux
.
Depùis qu'il est indépendant, le Grand-Duché a joui d'une réelle prospérité. Le peuple
a été vraiment heureux, le chant national le proclamait sans cesse. Quoique petit et
faible, Notre État a su largement remplir ses devoirs, et vis-à-vis de ses voisins et à
l'égard de ses propres citoyens.
Le Luxembourg a pleinement documenté sa vitalité; il a fait preuve ainsi de son droit
à l'existence. Il veut et il doit continuer à vivre. (Bravo! très bien!)
Les maux inévitables de la situation actuelle, le Gouvernement cherche à les atténuer.
Dans la mesure de ses moyens, il continuera à protéger les citoyens dans leurs
personnes et dans leurs biens. Mais le principal objectif du Gouvernement doit être le
maintien de l'autonomie des Pouvoirs publics. (Très bien)
La main dans la main avec la Représentation élue du Pays, Nous vaincrons les
nombreuses difficultés qui Nous assiègent.
C'est une grande consolation pour Moi et un puissant reconfort de Me savoir en
complète communauté de sentiments et de pensée avec le peuple aux destinées duquel
Je suis appelée à présider. (Très bien) Restons unis, Messieurs, quoi qu'il advienne: A
ce prix sera dû le saluts du pays. (Très bienl)
C'est pour la grandeur de leurs patries que Nos puissants voisins font en ce moment des
prodiges d'héroïsme. Ils comprendront les efforts que Nous faisons pour sauvegarder
l'humble foyer qui abrite le bonheur de Nos enfants. (Bravos répétésl)
Que Dieu protège Notre chère Patrie ! (Bravos répétés)
Adresse de la Chambre des députés en réponse au Message de la Souveraine adoptée à l'unanmimité à la séance du 13 novembre 1914.
«Madame,
Dans les heures graves que nous traversons, le message de Votre Altesse Royale a été
un acte de haute portée auquel la Chambre tient à rendre respectueusement hommage.
Votre Altesse Royale a trouvé de patriotiques accents pour traduire les préoccupations
du Pays, pour affirmer ses droit.s et rappeler ses devoirs. Tous les Luxembourgeois
applaudiront à ces déclarations et aux sentiments qui les ont inspirées.
Les Puissances signataires du traité de Londres de 1867 ont garanti la neutralité
perpétuelle du Grand-Duché et lui ont imposé l'obligation de démanteler sa forteresse,
tout en lui interdisant d'entretenir une armée. Le Grand-Duché a rempli toutes ses
obligations, et lorsque sa neutralité fut violée, Souveraine, Gouvernement et Chambre
ont, du même élan, fait entendre la même protestation, et c'est avec raison que le
discours du Trône proclame que nos droits demeurent entiers, bien que méconnus, et
que le Pays ne se considère pas comme délié des obligations que lui imposent les traités
internationaux. Langage digne à la fois et viril qui trouvera son retentissement au delà
des frontières et dont toutes les Puissances signataires apprécieront la correction et la
loyauté.
Le respect scrupuleux des traités a été notre force dans le passé. Plus que jamais, il sera
notre ligne de conduite dans le présent et notre sauvegarde pour l'avenir.
Dans les conjonctures actuelles, la Chambre, oubliant ses divisions, se félicite de voir
à la tête du Gouvernement un patriote éprouvé qui a blanchi sous lé harnais et qui
possède l'estime incontestée de la diplomatie étrangère. (Très bien! Bravo!)
Le Pays et la Chambre savent gré au Gouvernement d'avoir, en des temps troublés,
assuré le fonctionnement normal des Pouvoirs publics et d'avoir fait du maintien de leur
autonomie son principal objectif.
Votre Altesse Royale a payé un juste tribut d'éloges au tact, au calme, et à la sagesse
dont nos populations n'ont cessé de faire preuve, depuis l'occupation militaire du pays.
Elles ne s'en départiront pas. Partout-- il faut le reconnaître--ce devoir de patriotisme
a été compris et rempli sans hésitation.
La guerre a provoqué de toutes parts un large mouvement de bonté compatissante et
de généreux dévouement, tant il est vrai que l'humanité se trouve, jusque dans ses
convulsions, le ressort de la solidarité, la force d'espérer et la consolation d'agir.
Ce sera l'honneur de nos populations d'avoir, sous l'activè collaboration et avec les
encouragements de Votre Altesse Royale et de la Famille grand-ducale, pris part à ce
mouvement. Ce sera l'honneur de l'uvre de la Croix rouge luxembourgeoise d'aboir
prodigué ses soins indistinctement aux blessés de tous les belligérants. Ce sera
l'honneur de nos femmes, de nos médecins, de notre jeunesse d'avoir rivalisé de
vaillance et d'abnégation, en face de tant de maux et de tant de détresse. (Bravol)
De leur côté, les Pouvoirs publics--ainsi que Votre Altesse Royale l'a fait
ressortir--auront de pressants devoirs à remplir. Le Gouvernement, la Chambre et les
communes s'appliqueront à prendre toutes les mesures, ou législatives ou
administratives, que la crise économique réclame impérieusement. Enrayer la
spéculation malsaine, pourvoir aux approvisionnements nécessaires, dégager autant que
possible l'industrie et le commerce des entraves qui les enchainent, donner des
occasions de travail aux victimes du chômage involontaire, soulager les pauvres, voter
des crédits de bienfaisance, relever à tous les degrers de l'échelle sociale les courages
défaillants, tels sont quelques-uns des problèmes essentiels, à la solution desquels les
Pouvoirs publics s'emploieront sans relâche.
(Assentiment.)
Madame,
Le Pays et la Chambre s'associent à leur gracieuse Souveraine pour proclamer devant
l'Europe que le Grand-Duché de Luxembourg a documenté sa vitalité et son droit à
l'existence. Oui, le Pays a vécu, sous le sceptre de ses Princes constitutionnels et à
l'ombre de ses libres institutions, des années de tranquille bonheur et de prospérité
croissante. Oui le Pays veut vivre, doit vivre et vivra ! . . (Très bien ! Bravo!)
Depuis la mémorable charte dé 1867, il a grandi, entouré du respect et de la confiante
sympathie des Puissances signataires. Il a su constamment se montrer digne de leur
bienveillance.
Et quand les canons seront rentrés dans le silence, quand l'heure de la paix, peut-être
l'heure de l'universelle réconcialiation aura sonné, nous ferons valoir, dans le concert
des Nations, ce passé de sagesse, d'honnête labeur et de sereine correction. Et si la
Providence nous entend et que la Justice et l'Histoire ne soit pas un vain mot, nous
rapporterons à la Patrie, dans les plis du Drapeau national, nos libertés, notre
indépendance et la sécurité du lendemain!»
Réponse de la Souveraine à l'adresse de la Chambre, 17 novembre 1914.
Messieurs,
Les sentiments elevés dont la Chambre s'est fait l'éloquente interprète sont l'expression
de son patriotisme ardent et éclairé.
Je suis heureuse de constater la parfaite unité de vues qui existe entre la Couronne et
la Représentation élue du Pays.
Cet accord, cette communauté de sentiments, nous aidera à traverser, sans de trop
douloureux sacrifices, la crise effroyable déchaînée sur l'Europe.
Je suis heureuse aussi d'avoir entendu les paroles de concorde et d'union que vous
venez de prononcer. Le maintien de cette union n'est possible que si la raison dirige les
sentiments du cur, c'est-à-dire qu'elle sera le prix des sacrifices et des concessions
mutuelles.
Je vous remercie, Messieurs, des paroles réconfortantes que vous M'avez adressées au
nom de la Chambre. Continuons donc à unir tous nos efforts pour sauvegarder ce qui
par dessus tout nous tient au coeur: l'intégrité, l'indépendance et l'autonomie de notre
chère petite patrie!»
M Kauffman, Ministre d'État, Président du Gouvernement du Grand Duché de
Luxembourg, à M. le comte Széchenyi, Ministre d'Autriche-Hongrie à La Haye.
Lettre. Luxembourg, le 25 avril 1918.
Monsieur le comte,
Il vient d'être porté à la connaissance du Gouvernement grandducal que quelque cent
cinquante soldats autrichiens ont été amenés sur le territoire du Grand-Duché de
Luxembourg pour coopérer à l'établissement d'une ligne de chemin de fer entre
Oetrange et Berchem. Outre qu'ils prennent part eux-mêmes à l'exécution des travaux
de construction, ils ont la garde des prisonniers de guerre italiens occupés à ces mêmes
travaux.
Le Gouvernement ne saurait s'empêcher de considérer ces faits comme une
participation de l'armée autrichienne à l'occupation du Grand-Duché, vu qu'ils ont un
caractère nettement militaire et qu'ils ne sont devenus possibles que grâce à l'occupation
du pays par une armée étrangère.
L'occupation constituant cependant manifestement une violation flagrante de la
neutralité du Grand-Duché, le Gouvernement se voit obligé de renouveler auprès du
Gouvernement de Sa Majesté Impériale et Royale la protestation adressée le 2 août
1914 au Gouvernement de l'Empire à Berlin.
J'ai l'honneur de prier Votre Excellence de bien vouloir transmettre cette protestation
au Gouvernement Impérial et Royal à Vienne.
Veuillez agréer etc.
M. le comte Calice,conseiller de Légation, Chargé d'affaires intérimaire
d'Autriche-Hongrie à La Haye, à M. Reuter, Ministre d'État, Président du
Gouvernement du Grand Duché de Luxembourg.
Lettre. La Haye, le 10 octobre 1918.
Monsieur lé Ministre,
Le Comte Széchenyi n'a pas manqué, dans le temps, de faire part au Gouvernement I.
et R. du contenu de la note que Son Excellence M. le Ministre d' État lui a adressée le
25 avril dernier au sujet de la présence de troupes austro-hongroises sur le territoire du
Grand-Duché.
En réponse, je viens de recevoir l'instruction de porter à la connaissance du
Gouvernement grand-ducal que l'exécution de travaux de construction sur territoire
luxembourgeois par des soldats austro-hongrois et la violation de la neutralité du
Grand-Duché, que ce fait constitue, découlent nécessairement de ce que la monarchie
austro-hongroise a mis certaines de ses forces armées à la disposition de l'Allemagne
sur le front occidental. Le Gouvernement I. et R. n'a en aucune manière voulu
commettre, par là, un acte hostile contre le Gouvernement ami luxembourgeois.
Je suis en outre autorisé à déclarer à Votre Excellence que, les troupes
austro-hongroises en question étant placées sous le commandement allemand, il va de
soi que les assurances contenues dans le télégramme de M. de Jagow à Son Excellence
M. le Dr. Eyschen du 2 août 1914 au sujet du dédommagement complet, par le
Gouvernement allemand, pour tout dommage causé par l'Allemagne, s'appliquent de
même à tout dommage que les militaires austro-hongrois placés sous le commandement
allemand pourraient causer sur le territoire du Grand-Duché.
Agréez, etc. CALICE.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvenement, à M. le Comte de Villers,
Chargé d'affaires du Grand-Duché, à Berlin.
Lettre. Luxembourg, le 4 avril 1915
Monsieur le Comte,
L'Echo de Paris du 25 mars dernier a publié une enquête en Allemagne, dans laquelle
un sieur C. Ibanez de Ibero raconte qu'à Berlin le conseiller de légation M. von
Richthofen lui aurait déclaré que la violation de la neutralité du Luxembourg est
justifiée au point de vue juridique par le consentement tacite du Gouvernement
luxembourgeois et aussi par le fait d'avoir accepté une indemnité.
Dans le journal Le Temps du 27 mars la Légation du Grand-Duché à Paris a protesté
contre ces allégations.
Je vous prie d'aller voir M. le conseiller de Légation von Richthofen et de lui demander
ce qu'il en est de cette prétendue interview.
Non seulement le Gouvernement grand-ducal a fait parvenir le 2 août une protestation
énergique à Berlin, mais le 10 novembre, dans un discours du trône à la Chambre, la
Grande-Duchesse a déclaré renouveler cette protestation dans toute sa forme et teneur.
Il n'y a donc pas la moindre trace d'un consentement tacite du Luxembourg.
On a payé des indemnités de logement et de détérioration des propriétés etc. ce qui
certainement n'implique aucune adhésion au fait même qui leur a donné naissance.
Il doit donc y avoir là une erreur que nous avons un grand intérêt à constater.
Veuillez recevoir, Monsieur le Comte, l'assurance de ma considération la plus
distinguée.
Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN.
M. le baron de Richthofen, conseiller de Légation, membre du Reichstag à M. le
comte de Villers, Chargé d'affaires du Grand-Duché, à Berlin.
Lettre. Berlin, den 6. April 1910.
Bezugnehmend auf die Besprechung, welche ich die Ehre hatte, mit ihnen am 6. d. M.
zu haben, bestätige ich Ihnen gern, daß die von mir dem spanischen Journalisten Hrn.
Ibanez de Ibero - der sich hier als Vertreter des El Heraldo in Madrid eingeführt hat,
während sich später herausstellte, daß er im Auffrage des Echo de Paris tätig
war--gegenüber gemachten Aeußerungen über die luxemburgische Neutralität lediglich
meine rein persönliche und private theoretische juristiche Meinung wiedergeben, wie
ich sie mir aus dem bisher der allgemeinen Oeffentlichkeit zugänglichen Material habe
bilden können. Ich verstehe durchaus, daß die Großherzogl. Iuxemburgische Regierung
einen anderen Standpunkt einnimmt, wie ich es auch selbstverständlich für möglich
erachte, daß über die Art eines «stillschweigenden Einverständuisses» im juristischen
Sinne wesentiiche Meinungsverschiedenheiten möglich sind,
Ich habe die Ehre zu sein, hochgeehrter Herr Graf,
Euer Hochgeboren sehr ergebenster RICHTHOFEN.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement,à M. de Jagow
Secrétaire d'État pour les Affaires étrangères, à Berlin.
Lettre. Luxemburg, den 12. April 1916.
Das Echo de Paris vom 25. März d. J. hat ein Inter{v]iew des Legationsrates Freiherrn
von Richthofen mit dem Journalisten Ibanez de Ibero veröffentlicht, gemäß welchem
Herr von Richthofen folgendes gesagt zu haben scheint: «la violation de la neutralité du
Luxembourg est justifiée au point de vue juridique par le contententement tacite du
Gouvernement luxembourgeois et aussi par le fait d'avoir accepté une indemnité.» Diese
Aeußerung hat Anstoß zu weiteren, höchst unliebsamen Preßerzeugnissen gegeben.
Ich habe durch den Großh. Luxemburgischen Geschäftsträger Grafen de Villers Hrn.
Legationsrat von Richthofen um Aufklärung gebeten und er hat an denselben folgenden
Brief geschrieben: «Bezugnehmend auf die Besprechung, welche ich die Ehre hatte, mit
Ihnen am 6. d. M. zu haben, bestätige ich Ihnen gern, daß die von mir dem spanischen
Journalisten Hrn. Ibanez de Ibero--der sich hier als Vertreter des El Heraldo in
Madrid eingeführt hat, während sich später herausstellte, daß er im Auftrage des Echo
de Parts tätig war--gegenüber gemachten Aeußerungen über die luxemburgische
Neutralität lediglich meine rein persönliche und private theoretische juristische
Meinung wiedergegeben wie ich sie mir aus dem bisher der allgemeinen Oeffentlichkeit
zugänglichen Material habe bilden können. Ich verstehe durchaus, daß die Großh.
luxemburgische Regierung einen andern Standpunkt einnimmt, wie ich es auch
selbstverständlich für möglich erachte, daß über die Art eines «stillschweigenden
Einverständnisses» im juristichen Sinne wesentliche Meinungsverschiedenheiten
möglich sind.>
Das Urteil über dieses ganze Gebaren kann ich getrost Eurer Exzellenz überlassen.
Freiherr von Richthofen mußte denn doch vorerst die Tatsache eines Einverständnisses
beweisen, ehe er sich über dessen Art eine «theoretische oder juristische» Meinung
bilden könnte.
Euer Exzellenz wissen ja am allerbesten, daß weder hüben noch druben solche
Absichten je bestanden haben und ich kann nicht energisch genug gegen diese Ansicht
des betreffenden Herrn Legationsrates, welche in jeder Hinsicht der Wahrheit zuwider
ist, protestieren.
Ich weiß nicht, ob Freiherr von Richthofen noch heute Beziehungen zum Auswärtigen
Amte hat; sollte dies der Fall sein, so möchte ich bitten, demselben die gebührende
Zurechtweisung erteilen zu wollen.
Genehmigen Eure Exzelleuz die Versicherang meiner ausgezeichnetsten Hochachtung.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
M. de Jagow, Secrétaire d'État pour les Affaires étrangères, à Berlin, à M.
Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement.
Lettre. Berlin, den 23. April 1915.
Euerer Exzellenz beehre ich mich auf das gefällige Schreiben vom 12. d. M. zu
erwidern, daß der Legationsrat Freiherr von Richthofen schon seit einer Reihe von
Jahren aus dem diplomatischen Dienst des Reiches ausgeschieden ist und heute als
Mitglied des Reichstages dem parlamentarischen Leben angehört. Zum Auswärtigen
Amt steht Freiherr von Richthofen in keinerlei dienstlichen Beziehungen; der ihm
verliehene Titel eines Legationsrates trägt lediglich persönlichen Charakter und gewährt
keine amtlichen Eigenschaften.
Ich habe es aber trotzdem nicht unterlassen, dem Freiherrn von Richthofen in privater
Form ernste Vorhaltungen machen und ihm eine größere Zurückhaltung in seinen
Aeußerungen eindringlichst empfehlen zu lassen.
Mit der Bitte, meiner ausgezeichnetsten Hochachtung versichert sein zu wollen
JAGOW.
SUITES DE L'OCCUPATION.
I
DÉPARTS DES MINISTRES DE FRANCE, DE BELGIQUE ET D'ITALIE.
M. de Buch, Ministre d'Allemagne à Luxembourg, à M. Eyschen, Ministre d'État,
Président du Gouvernement.
Lettre. Luxemburg, den 4. August 1914.
Euer Exzellenz
beehre ich mich im Auftrage Seiner Exzellenz des Hrn.General Fuchs ergebenst zu
bitten, auf den französischen Gesandten Hrn. Mollard gütigst einwirken zu wollen, daß
er so schnell als möglich Luxemburg verläßt und sich nach Frankreich begibt: unsere
militärischen Behörden würden sich sonst in die unangenehme Lage versetzt sehen,
Hrn. Mollard unter militärische Bewachung zu stellen, im äußersten Falle selbst zu
einer Verhaftung zu schreiten.
Genehmigen Euer Exzellenz auch bei diesem Anlaß die Versicherung meiner
ausgezeichnetsten Hochachtung.
VON Buch
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement à M. Mollard, Ministre
de France à Luxembourg.
Lettre. Luxembourg, le 4 août 1914.
Monsieur le Ministre,
Tout à l'heure, j'ai eu le très vif regret de vous faire connaitre les intentions du général
von Fuchs au sujet de votre séjour à Luxembourg.
Comme j'ai eu l'honneur de vous le dire, j'avais demandé une constatation par écrit de
la décision prise à ce sujet par l'autorité militaire.
Ci-joint copie d'une lettre*) que je viens de recevoir à l'instant de la part du Ministre
d'Allemagne.
Il m'a été assuré que, dans l'exécution de la mesure, on ne manquera d'avoir tous les
égards dus à votre qualité et à votre personne.
Veuillez recevoir l'expression réitérée de tous mes regrets et de mes sentiments les
meilleurs.
EYSCHEN.
*) N° 29.
M. Mollard, Ministre de Francè à Luxembourg, à M. Eyschen, Ministre d'État,
Président du Gouvernement.
Lettre. Luxembourg, le 4 août 1914.
Monsieur le Ministre,
Je viens de recevoir votre communication et m'incline devant la force.
Avant de quitter le Luxembourg, j'ai le devoir de me préoccuper du sort et de la sécurité
de mes compatriotes. Connaissant l'esprit de justice et d'équité du Gouvernement
luxembourgeois, j'ai l'honneur de prier Votre Excellence de les prendre sous sa haute
protection et de veiller à la sauvegarde de leur vie et de leurs biens.
Je demanderai également à Votre Excellence d'assurer la garde de l'hôtel de la Légation
et des bureaux de la Chancellerie.
Je serais très obligé à Votre Excellence de vouloir bien faire agréer à S. A. R. Madame
la Grande-Duchesse l'hommage de mon profond respect et de toutes mes excuses de
n'avoir pu aller le lui exprimer moi-même.
En vous exprimant, M. le Ministre, de toutes les marques de sympathie que vous
m'avez donnés, je vous prie d'agréer la nouvelle assurance de ma haute considération.
Armand Mollard
M. de Buch, Ministre d'Allemagne à Luxembourg, à M. Eyschen, Ministre d'État,
Président du Gouvernement
Lettre. Luxemburg, 8. August 1914.
Euer Exzellenz!
Nachdem Belgien eine überaus feindliche Haltung gegenüber Deutschland
eingenommen hat, sehen sich die Militärbehörden gezwungen, auf Abreise des
Belgischen Gesandten von hier zu dringen.
Seine Exzellenz der kommandierende General läßt Hrn. Grafen van den Steen de Jehay
bitten, seine Abreise so einzurichten, daß der Hr. Graf innerhalb 24 Stunden in Coblenz
persönlich mit dem stellvertretenden kommandierenden General von Pltz wegen
seiner Weiterreise in Verbindung treten kann; die Reise ist nur möglich über Trier,
Coblenz.
Mit ausgezeichnetster Hochachtung,
VON Buch
M. le Comte Fr. van den Steen de Jehay, Mînîstre de Belgique à Luxemboug à M.
Eyschén, Ministre d'État, Président du Gouvernement.
Lettre.Luxembourg, le 8 août 1914
4 heures après-midi.
Monsieur le Ministre,
Votre Excellence vient de me faire savoir que l'autorité militaire allemande demande
mon départ.
Quelle que soit la courtoisie apportée à cette communication, je dois m'incliner devant
un désire qui n'est que l'expression de la force.
La lettre de Votre Excellence me dit que les autorités militaires conseillent le voyage
par chemin de fer plutôt que par automobile. Je me conforme à cette suggestion et suis
prêt à quitter Luxembourg demain, à l'heure qui me sera indiquée, et à prendre par train
la direction de Coblence à la condition toutefois que, de cette ville, je sois autorisé à
regagner immédiatement la Belgique par telle voie qui semblera possible, et que les
immunités diplomatiques me soient garanties tant que je me trouverai sur le territoire
de l'Empire.
Ne pouvant me désintéresser du sort et de la sécurité des Belges si nombreux qui
habitent le Grand-Duché, je demande à Votre Excellence de bien vouloir assurer leur
protection ainsi que la garde de l'hôtel de la Légation.
Il m'est particulièrement pénible de devoir quitter le territoire Luxembourgeois sans
avoir présenté à S. A. R. la Grande-Duchesse mes hommages les plus respectueux en
reconnaissance de l'accueil si bienveillant qu'a toujours daigné me faire la Souveraine
auprès de laquelle j'avais l'honneur d'être accrédité. J'espère que Votre Excellence
voudra bien être l'interprète de mes regrets.
En saisissant l'occasion de vous réitérer, M. le Ministre de l'Etat, mes remerciements
les plus sincères pour la façon si aimable dont, en toute circonstance, vous vous êtes
attaché à faciliter ma mission, je prie Votre Excellence d'agréer les assurances de ma
plus haute considération.
COMTE FB. VAN DEN STEEN DE JEHAY.
Extrait du livre gris
Belge, n° 66, p21.
Le Gouvernement belge estimant que le Gouvernement Grand-Ducal n'avait pas eu
le choix de son attitude et que celle qu'il avait été obligé d'adopter n'impliquait en
aucune manière une intention discourtoise à l'égard du Roi et de la Belgique, décida
qu'il n'y avait pas lieu, dans ces conditions, de prier le Chargé d'Affaires du
Grand-Duché de quitter la Belgique.
M. de Buch, Ministre d'Allemagne à Luxembourg, à M. Eyschen, Ministre d'État,
Président du Gouvernement.
Lettre. Luxemburg, den 29. Mai 1915.
Euerer Exzellenz beehre ich mich im Auftrage meiner hohen Regierung ergebenst
mitzuteilen, daß der Italienische Botschafter in Ber!in dem Auswärtigen Amte folgende
Note am 24. Mai d. J. übersandt hat:
<En me rapportant à des communications verbales de Votre Excellence j'ai été autorisé
par mon Gouvernement à transmettre au Comte Della Torre, Ministre d' ltalie à
Luxembourg, l'instruction de quitter » sans délai son poste, en laissant la protection des
interéts italiens au » Gouvernement grand-ducal. >
Euer Exzellenz bitte ich daher ergebenst, auf den Grafen Della Torre einwirken zu
wollen, daß er sobald wie möglich abreist. Sollte sich Graf Della Torre weigern
abzureisen, was ich allerdings nicht erwarten kann, da seine eigene Regierung ihn
abberufen hat, so dürfte er sich selbst verantwortlich für die etwaigen Folgen seiner
Weigerung machen und sich der Gefahr aussetzen, daß seine diplomatische Immunität
nicht mehr anerkannt werden kann.
Im Falle einer möglichst baldigen Abreise aber wird dem Grafen Della Torre freies
Geleit durch Deutschland und die Wahrung aller Rücksichten, die ihm als Diplomat
zukommen, zugesagt.
Genehmigen Euere Exzellenz auch bei diesem Anlaß die erneute Versicherung meiner
ausgezeichnetsten Hochachtung.
VON BUCH.
M. Mongenast, Directeur général des Finances du Grand-Duché de Luxembourg,
faisant fonctions de Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. le comte Della
Torre, Ministre d'Italie à Luxembourg.
Lettre. Luxembourg, le 30 mai 1915.
Monsieur le Comte,
J'ai l'honneur de vous transmettre en copie la communication incluse*) que je viens de
recevoir de la part du Ministre d'Allemagne.
A en juger du contenu de cette pièce, la guerre qui va éclater entre l'Italie et
l'Allemagne vous créera de sérieuses difficultés pour exercer vos fonctions sur le
territoire grand-ducal.
Le gouvernement regrette vivement la situation qui vous est faite.
Si les circonstances vous obligeaient à quitter momentanément le pays, le
Gouvernement tient cependant à affirmer qu'il vous considérera toujours comme
accredité auprès de S. A. R. la Grande-Duchesse; il ne verrait par conséquent aucun
inconvénient et désirerait même que Votre Gouvernement consentît à vous voir
continuer vos fonctions dans un pays neutre limitrophe; vous seriez ainsi mis dans la
situation de vos collègues qui résident à La Haye.
Je vous prie, M. le Comte, de bien vouloir agréer l'expression de ma haute
considération.
Pour le Ministre d'État, Président du Gouvernement
Le Directeur général des Finances,
MONEGAST
*) N° 35
M. Mongenast, Directeur général des Finances, faisant fonctions de Ministre d'État,
à M. de Buch, Ministre d' Allemagne à Luxembourg.
Lettre. Luxemburg, den 30. Mai 1915.
Dem Wunsche Euerer Exzellenz gemäß hat der Italienische Minister Graf Della Torre
de Lavagna Kenntnis erhalten von der Note, welche Sie heute morgen der hiesigen
Regierung übermacht haben.
Die letztere kann nur wiederholt Verwahr einlegen gegen ein Verfahren, das einen
Eingriff in die Souveränität des Großherzogtums darstellt.
Genehmigen Euere Exzellenz auch bei diesem Anlasse die erneute Versicherung meiner
ausgezeichnetsten Hochachtung.
Für den Staatsminister, Präsidenten der Regierung,
Der General-Direktor der Finanzen,
MONEGAST
M. de Buch, Ministre d'Allemagne à Luxembourg, à M. Mongenast, Directeur
général des Finances, faisant fonctions de Ministre d'État.
Note verbale remise le 30 mai 1915.
Nachdem Staatssekretär von Jagow die Angelegenheit Della Torre
mit Staatsminister Eyschen besprochen hat, beauftragt er mich nochmals, auf den
Gesandten einzuwirken, daß er so schnell wie möglich abreist. Bei erneuter
Weigerung würde ich mich zu meinem Bedauern genötigt sehn, unsern hiesigen
Militärbefeh[l]shaber zu ersuchen, ihn zum Verlassen Luxemburgs aufzufordern.
Der Inhalt der Note Bollati's vom 24. Mai ist die letzte Abmachung mit der
Italienischen Regierung.
M. Bollati, Ambassadeur d'Italie à Berlin, à M. de Jagow, Secrétaire d'État pour les
Affaires étrangères à Berlin.
lettre.*) Berlin, le 24 mai l915.
Monsieur le Secrétaire d'État,
En me rapportant à des communications verbales de votre Excellence, j'ai l'honneur de
Lui faire connaître que j'ai été autorisé par mon Gouvernement à transmettre au Comte
Della Torre, Ministre d'Italie à Luxembourg, instruction de quitter sans délai son poste,
en laissant la protection des intérets italiens au Gouvernement grand-ducal.
Je prie Votre Excellence de vouloir bien donner les dispositions néccessaires pour que le voyage du Comte Della Torre à travers le territoire allemand puisse avoir lieu conformément aux usages ayant trait aux immunités diplomatiques qui lui sont dues.
Veuillez agréer, M. le Secrétaire d'État, l'assurance de ma considération la plus haute.
gez. Bollati
M. Mongenast, Directeur général des Finances, faisant fonctions de Ministre d'État,
à M. le Comte Della Torrè, Ministre d'ltalie à Luxembourg.
Lettre. Luxembourg, le 30 mai 1916.
Monsieur le Comte,
Déférant au désir que vous en avez exprimé, j'ai l'honneur de vous adresser avec les présentes copies de la note**) remise ce matin par M. le Ministre d'Allemagne ainsi quede la lettre Bollati du 24 mai y mentionnée, que j'ai eu l'honneur de vous communiquer.
Le Gouvernement luxembourgeois doit protester vivement contre l'expulsion d'un
Ministre étranger accrédité auprès de S. A. R la Grande Duchesse; c'est une nouvelle
violation de la Souveraineté du Grand Duché, dont il sera demandé compte en temps
et lieu.
Je vous prie d'agréer M. le Comte, l'expression de ma considération la plus distinguée.
Pour le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Le Directeur général des
Finances,
MONGENAST.
*) Cette copie était annexée à la note , 38.
**) N° 38.
M. le Comte Della Torre, Mînistre d'ltalie, à M. le Président du Gouvernement
grand-ducal.
Lettre. Luxembourg, ce 30 mai 19l5
Monsieur le Président du Gouvernement,
Je m'empresse de Vous donner acte de vos communications en date d'aujourd'hui. J'unis
ma protestation à la vôtre pour le fait que je suis obligé de m'éloigner de Luxembourg
dans des conditions dont je me plains également que le Gouvernement grand-ducal.
Je suis très reconnaissant à Madame la Grande-Duchesse de ce qu' Elle daigne
continuer à me considérer comme étant accrédité auprès dé Son Auguste Personne. Je
vous prie de mettre aux pieds de votre grâcieuse Souveraine l'hommage de mes
sentiments très dévoués.
J'espêre que mon Gouvernement, qui ne m'a en aucune façon ràppelé de mon poste,
agréera la proposition que j'ai à continuer mes fonctions dans un pays neutre limitrophe.
Je me trouverais ainsi mis dans la situation de mes collègues qui résident à La Haye.
En partant avec mon Vice-Consul, je placerai mes compatriotes sous la protection du
Gouvernement Grand-Ducal, ainsi qu'il a été déjà entendu verbalement avec Votre
Excellence.
Puisqu'il a aussi été décidé que ce serait le conseiller de Gouvernement, M. Moutrier,
qui aurait soin des intérêts des Italiens pendant mon absence, j'ai chargé la comtesse
Della Torre, qui reste provisoirement à Luxembourg, de lui fournir les fonds qui lui
seraient éventuellement nécessaires en plus d'une anticipation que je lui ferai. Soit à ce
sujet, soit à l'égard de tout autre détail, je me réserve encore de me mettre d'accord,
avant de partir, avec le conseiller de Gouvernement susdit.
Je réitère à Votre Excellence l'assurance de ma très haute considération.
DELLA TORRE.
CREATION DE SERVICES CONSULAIRES POUR LES SUJETS FRANÇAIS,
BELGES ET ITALIENS.
42.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. Moutrier,
Conseiller de Gouvernement à Luxembourg.
Lettre.*) Luxembourg, le 12 août 1914.
Au moment de quitter son poste, le Ministre de France, Son Excellence M. Armand
Mollard, m'a fait l'honneur de solliciter du Goûvernement grand-ducal la protection de
ses compatriotes et la sauvegarde de leurs intérêts.
Je vous charge, par délégation, de ce service consulaire, que le Gouvernement
grand-ducal s'est fait un devoir d'assumer. Dans la situation actuelle, votre tâche
consistera principalement: 1. à donner, dans la mesure du possible, des renseignements
et des conseils aux Français qui s'adresseront à vous; 2. à leur accorder, en cas de
nécessité dûment constatée, des secours; 3. à pourvoir aux rapatriements qui
deviendraient nécessaires dans la suite.
Il sera mis à votre disposition un premier crédit; de 10.000 fr. que vous gérerez en
qualité de comptable extraordinaire. Le Gouvernement attend de vous que vous
apporterez dans l'allocation des secours toute l'attention et tous les soins que comporte
votre mission. Spécialement, vous ne négligerez point de vous assurer de toutes les
pièces justificatives et comptables ainsi que de toutes autres indications qui pourraient
devenir utiles en vue des remboursements à faire éventuellement par les particuliers ou,
le cas échéant, par le Gouvernement français.
Je vous autorise à installer le service selon les exigences, et à vous adjoindre un ou
plusieurs aides, à prendre dans le personnel des bureaux.
Le Ministre d'État, Président du Gouvernement,
EYSCHEN.
CRÉATION D'UN OFFICE CENTRAL MILITAIRE ALLEMAND
43.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, au Commandant des
troupes allemandes à Trèves.
Lettre. Luxemburg, den 13. August 1914.
Euer Exzellenz beehre ich mich ergebenst mitzuteilen, daß die Kommandos der
verschiedenen durch Luxemburg marschierenden Truppen beständig wechseln und
somit auch die in den einzelnen Sachen zuständigen Behörden ihren Standort verlegen.
Infolgedessen wird der Verkehr der Großherzoglichen Regierung mit den Chefs der
Truppenteile sehr erschwert.
Ich möchte daher Eure Exzellenz ergebenst bitten, die Frage geneigtest in Erwägung
ziehen zu wollen, ob in Luxemburg nicht eine während der Kriegsdauer bleibende
Zentralstelle geschaffen werden könnte, von welcher aus die verschiedenen
Angelegenheiten direkt den zuständigen Stellen übermittelt würden, wodurch dann eine
Ersparnis an Arbeit und an Zeit erreicht werden könnte.
Vielleicht würde es sich empfehlen, dem hier zu errichtenden Etappenkommando
weitgehende Befugnisse zu erteilen und damit eine neue geeignete Persönlichkeit zu
betrauen.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
*)Les dispositions semblables ont été prises à l' égard des sujets belges et italiens.
Le Commandement supérieur des armées à Trèves au Ministère d'État à
Luxembourg.
Lettre. Trier, den [??]August 1914.
Dem Großherzoglichen Staatsministerium beehrt sich das A. O. K. auf das gefl.
Schreiben vom 13. d. Mts. sehr ergebenst mitzuteilen, daß es zu seinem Bedauern z.
Z. nicht in der Lage ist, dem Wunsche auf Schaffung einer Zentralstelle zwecks
Erleichterung des Verkehrs mit den Militärbehörden Folge zu gehen; doch wird die
Errichtung einer derartigen Stelle in Aussicht genommen werden, sobald in dem
Bereiche des Großherzogtums Etappenformationen eingerichtet sein werden.
VON SEITEN DES ARMEEOBERKOMMANDOS.
M Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à S. A. R. le Duc de
Wurtemberg, à Luxembourg.
Note. Luxemburg, den 20. 8. 14.
Bei den in letzten Tagen stattgefundenen unliebsamen Vorkomnissen möchte ich das
Generalkommando der Armee bitten, seinem Nachfolger in Luxemburg zu empfehlen,
mit der hiesigen Regierung in stetiger Verbindung zu bleiben und alle Rechte des
Großherzogtums nach jeder Seite hin achten zu wollen.
EYSCHEN .
Le Ministère d'État grand-ducal à la Légation d'Allemagne à Luxembourg.
Note verbale. Luxemburg, den 2. September 1914.
Eine große Anzahl verschiedener Armeekorps ist durch das luxemburger Land gezogen
und die vielfältigsten Requisitionen sind gestellt worden: Mannschaften, Pferde,
Fuhrwerke, Lebens- und Futtermittel, Einquartierung usw.
Gar manche Leute und Wagen sind noch nicht zurückgekehrt.
Leistungen von Mobiliargegenständen sind zum Teil bar, teils durch Gutscheine bezahlt
worden. Für den andern Teil jedoch ist weder Zahlung noch Ausstellung von
Gutscheinen erfolgt.
Erhebliche Flurschäden sind angerichtet worden.
Manche Personen sind auf Anstehen der deutschen Militärbehörde verhaftet und
abgeführt worden und bis heute noch nicht zurückgekehrt.
Diesbezügliche Beschwerden mußten an das jeweilige Armeekorps eingereicht werden,
die jedoch keine Erledigung gefunden.
Es besteht durch den Abzug der Armeekorps für die Großherzogliche Regierung die
Unmöglichkeit, die zuständigen Stellen zu erreichen.
Es besteht demnach, namentlich auch um Einheit in die Behandlung der Sachen zu
bringen, die dringende Notwendigkeit, in Luxemburg eine Militärzentralstelle zu
errichten und ihr eine vielseitige Zuständigkeit zu verleihen, damit sie sich mit den
verschiedenen durch die Okkupation gestellten Fragen befassen kann.
Le Ministre d'État grand-ducal à la Légation d'Allemagne à Luxembourg
Note verbale. Luxemburg, den 24[.] September 1914.
Das Großherzoglich Luxemburgische Staatsministerium beehrt sich der Kaiserlich
Deutschen Gesandtschaft, bei der bevorstehenden Abreise des Großen Hauptquartiers,
den Wunsch ergebenst auszusprechen, daß alle durch die militärische Okkupation
geschaffenen Angelegenheiten nicht mehr von den verschiedenen Etappenkommandos,
sondern von einer hier zu errichtenden Zentralstelle zu erledigen wären.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. le comte de
Villers, Chargé d'affaires du Grand-Duché à Berlin.
Télégramme expédié le 19 octobre 1914 à 7h. ½ du soir.
Vor längerer Zeit hat luxemburgische Regierung durch hiesigen deutschen Gesandten
gebeten, ein höherer Offizier als Zentralvertreter Kriegsministeriums delegiert werde,
um sämtliche Verhandlungen zwischen hiesiger Regierung und den verschiedenen
Militärbehörden zu führen. Sache durch Hrn. von Buch mehrmals warm befürwortet.
Kriegsminister persönlich ihm geantwortet im Prinzip einverstanden. Bitte bei
Kriegsministerium zur raschen Erledigung intervenieren.
Staatsminister EYSCHEN.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. de Buch, Ministre
d'Allemagne à Luxembourg.
Lettre. Luxemburg, den 6 November 1914.
Der Durchmarsch der deutschen Truppen durch das Großherzogtum Luxemburg hat in
mancher Hinsicht eine Reihe von Fragen hervorgerufen, deren Vorbereitung,
Beschleunigung und teilweise Lösung durch eine hierlands zu schaffende
Militärzentralstelle ich wiederholt vorgeschlagen habe.
Auf eine Eingabe vom 13. August an den Oberfehlshaber der deutschen Truppen in
Trier, ist mir die Antwort geworden «daß er zu meinem Bedauern zur Zeit nicht in der
Lage ist, dem Wunsche auf Schaffung einer Zentralstelle zwecks Erleichterung des
Verkehrs mit den Behörden Folge zu leisten, doch wird die Errichtung einer derartigen
Stelle in Aussicht genomrnen werden, sobald in dem Bereiche des Großherzogtums
Etappenformationen eingerichtet sein werden.»
Am 2. September bin ich in einer Verbalnote in ausführlicher Darstellung wieder auf
die dringende Notwendigkeit dieser Zentralstelle zurückgekommen.
Am 19. September haben Sie mir ein Schreiben der Militärbehörden zur Einsicht
vorgelegt, das besagte «daß die geeignete Persönlichkeit bereits unterwegs ist.» Dies
war S. Exz. von Weidemann, Vorsteher der Zentralstelle für deutsche Entschädigungen
in Luxemburg.*)
Am 24. September hat eine diesseitige Verbalnote an die Kaiserlich Deutsche
Gesandtschaft wieder auf Erledigung der Angelegenheit gedrängt.
Da dieselbe ohne Antwort geblieben, habe ich mich unterm 19. Oktober telegraphisch
an unsern Geschäftsträger in Berlin gewandt, mit dem Ersuchen, beim
Kriegsministerium zur raschen Erledigung der Angelegenheit zu intervenieren.
Darauf bin ich auch bis heute ohne Rückäußerung.
Das Fehlen der Zentralstelle hat sehr fühlbare Mißstände hervorgerufen und einen
Zustand geschaffen, der nach und nach wirklich unhaltbar geworden ist.
Bis zum heutigen Tage hat die Regierung noch nicht erfahren können, welche
Verwaltungsstellen des Kriegsministeriums sich im Lande befinden, wo selbe sich
befinden, mit wem sie zu verkehren hat und welche territoriale und reale Zuständigkeit
die betreffenden Stellen haben.
Von Tag zu Tag häufen sich die Verkehrsschwierigkeiten für Personen sowohl für In-
wie Ausland. So habe ich erst heute in Erfahrung bringen können, daß zuständig sind,
für Metz Exz. Gouverneur von Owen (Schutzverwaltung für die Erzgruben), für
Montmédy Exz. von Sarrow, für Rheinland das VIII. Armeekorps Coblenz, für
Frankreich Ortskommando Montmédy; daß für Lothringen zwei Pässe, für Saarbrücken
wieder ein besonderer Pass erfordert; wie für Belgien zu verfahren ist, ist mir noch
immer unbekannt. Bezüglich der im Großherzogtum durch die deutsche Behörde
verhafteten Personen habe ich bis heute noch nicht, trotz meiner redlichsten
Bemühungen, die zuständige Stelle erreichen können. Für die von Tag zu Tag
ändernden Warentransportbestimmungen und die daraus entstehenden Schwierigkeiten
lehnt die Linienkommandantur ihre Kompetenz größtenteils ab.
In bezug auf die Einfuhrbestimmungen herrscht die bestmögliche Unsicherheit. In
dieser Hinsicht ist die Euer Exzellenz heute überreichte Eingabe der hiesigen schweren
Eisenindustrie sehr bezeichnend.
Das Postwesen ist sehr zerrüttet; so ist z. B. bis heute, trotz meiner wiederholten
Schritte, der Telephonverkehr im Bereiche des ganzen Landes nicht wiederhergestellt.
Durch diese Lage werden wesentliche Interessen der Industrie, des Handels und des
Verkehrs in Inland und Grenzbezirken verschleppt oder in Frage gestellt und es tritt
eine sehr bedenkliche Mißstimmung auf.
Nur dadurch, daß jemand speziell berufen wird, sich um die hiesigen vielfach
komplizierten Verhältnisse zu kümmern, Aufklärung über die beiderseitigen Interessen
zu geben und entgegenzunehmen und die Versöhnung derselben anzubahnen, nur
dadurch können die jetzigen leidigen Zustände gebessert werden.
Es ist demnach der dringende Wunsch der Regierung, daß endlich in dieser Hinsicht
nach dem Rechten geschaut und ihrem Antrage auf Einrichtung der Zentralstelle
entsprochen wird. Es ist im gegenseitigen Interesse der beiderseitigen Regierungen.
Indem ich die Angelegenheit Euer Exzellenz wohlwollender Aufmersamkeit empfehle,
benutze ich die Gelegenheit zur erneuten Versicherung meiner ausgezeichneten
Hochachtung.
EYSCHEN.
*) N° 54.
50.
Le Ministère d'État grand-ducal à la Légation d'Allemagne à Luxembourg
Note verbale.
In Ergänzung des diesseitigen Schreibens*) an Seine Exzellenz von Buch betreffend
Errichtung einer deutschen Militärzentralstelle, beehrt sich die Großherzogliche
Luxemburgische Regierung der Kaiserlichen Deutschen Gesandtschaft zwei Schreiben
vorzulegen, aus denen unleugbar hervorgeht, wie sehr diese Zentralstelle nottut.
Das Stellvertretende Generalkommando lehnt seine Zuständigkeit ab, ohne über die
kompetente Behörde irgendwelchen Aufschluß zu erteilen, so daß die Großh.
Regierung vor verschlossenen Türen steht.
Der Kaiserlich Deutschen Gesandtschaft wäre die Großh. Luxemburgische Regierung
sehr zu Dank verpflichtet, wenn sie diese Schreiben an die zuständige Stelle
weiterbefördern und anderseits als einen Nachtrag zu der gestrigen Depesche
betrachten wollte.
Luxemburg, den 7. November 1914.
*) No 49
Le colonel Tessmar, commandant des troupes allemandes, fondé de pouvoirs du
grand quartier général, à Luxembourg, au Gouvernement grand-ducal.
Lettre. Luxemburg, den 22. Januar 1915.
Durch Allerhöchste Kabinettsordre vom 14. Januar 1915, bin ich zum Befehlshaber der
deutschen Truppen in Luxemburg und Beauftragten des General-Quartiermeisters unter
Beibehalt der Landsturm-Inspektion ernannt worden.
TESSMAR, Oberst.
Le colonel Tessmar, commandant des troupes allemandes, fondé de pouvoirs du
grand quartier général, à Luxembourg, au Gouvernement grand-ducal.
Lettre. Luxemburg, den 3. Februar 1915.
Der Großherzoglich Luxemburgischen Regierung überreiche ich anbei einen Auszug**)
aus der Dienstanweisung für den Befehlshaber der Truppen in Luxemburg und
Beauftragten des General-Quartiermeisters zur gefl. Kenntnis.
TESSMAR, Oberst.
**) N° 53.
Auszug aus der Dienstanweisung für den Befehlshaber der Truppen in Luxemburg
und Beauftragten des Generalquartiermeisters.*)
1. Der Befehlshaber der Truppen in Luxemburg ist dem General-Quartiermeister
unterstellt und führt die Geschäfte als dessen «Beauftragter». Er befiehlt über die im
Großherzogtum stehenden Truppen nach den Weisungen der Obersten Heeresleitung,
die ihm durch den General-Quartiermeister übermittelt werden.
2. Grundsätzlich ist anzustreben, die im Interesse des Heeres nötigen
Sicherheitsmaßnahmen usw. zunächst mit Hilfe der luxemburgischen Behörden zu
Durchführung zu bringen.
3. Er bearbeitet selbständig alle zu seinem Geschäftsbereich gehörenden Fragen. In
Zweifelsfällen holt er die Entscheidung des General-Quartiermeisters ein.
4. Alle Anordnungen und Anträge militärischer und nichtmilitärischer Dienststellen, die
sich auf Luxemburg beziehen--soweit Sie nicht diplomatischer Natur sind,-- müssen
an ihn gerichtet werden. Er vermittelt allein den Verkehr mit den luxemburgischen
Behörden.
5. Zum Geschäftsbereich des Befehlshabers gehören: Vermittelung des Verkehrs mit
den luxemburgischen Behörden in allen Heeressachen und in allen das Interesse des
Heeres berührenden Angelegenheiten.
Großes Hauptquartier, den 20. Januar 1915.
Gez. Wild von Hohenborn.
Die Richtigkeit des vorstehenden Auszuges beglaubigt:
Luxemburg, den 3 Februar 1910.
Befehlshaber der Truppen Luxemburg
VON NELL, Rittmeister und Adjutant.
*) Peu de temps après, un office central de police militaire a été adjoint à
l'administration en question.
INSTALLATION A LUXEMBOURG D'UN OFFICE CENTRAL ALLEMAND D'INDEMNISATION.
M. Braun, Directeur Général de l'Intérieur, aux administrations communales.
Circulaire. Luxembourg, le 24 septembre 1914.
Un service spécial pour le règlement des indemnités dues pour les dégâts causés par
les troupes allemandes vient d'être installé à l'Hôtel du Gouvernement. Le but principal
de cette institution consiste dans une simplification notable de la procédure tendant à
la liquidation des revendications des intéressés tant au sujet des récoltes endommagées
et des pertes ou degradations d'objets que des bons délivrés par les regiments
respectifs.
A l'effet de faciliter dans la mesure du possible la besogne incombant au service en
question, je recommande aux administrations communales l'observation des instructions
suivantes qu'elles voudront porter à la connaissance de tous les intéressés.
Il s'agit avant tout, d'une part, de la prompte régularisation des créances résultant des
bons délivrés, d'autre part, de l'établissement immédiat des dégâts causés.
Une commission d'enquête est en train de parcourir les différentes communes du pays,
afin de vérifier sur place les revendications des intéressés.
Conformément à ma circulaire du 5 août dernier, les administrations communales
voudront immédiatement arrêter les procès-verbaux concernant l'estimation des dégâts
et les envoyer, étayés des pièces à l'appui, directement et sans retard, au besoin par
exprès, à l'adresse du soussigné.
Tous les bons sont à remettre aux secrétariats communaux; ceux-ci les adresseront
directement au Directeur général de l'Intérieur à Luxembourg, qui les fera contrôler et
liquider par les soins du bureau central mentionné ci-dessus.
Pour le cas où il n'aurait pas été délivré de bons pour logements de troupes ou autres
fournitures, les intéressés sont tenus d'établir une note détaillée, dûment signée, qu'ils
feront parvenir au Gouvernement par l'intermédiaire de l'administration communale.
Il va sans dire qu'en l'occurrence on devra éviter toute réclamation excessive. Je tiens
à relever spécialement que quiconque revendiquera sciemment une indemnité qui ne lui
est plus due, comme ayant déjà été payée comptant ou moyennant remise d'un bon,
s'exposera aux rigueurs prévues par le Code pénal.
Je prie les intéressés encore une fois de bien vouloir, par une prompte remise des bons
et des notes, prêter leur concours aux autorités, afin que celles-ci puissent mener à
bonne fin la liquidation de leur avoir.
Inutile d'avertir le public que, lors du contrôle des réclamations, toute prétention
exagérée sera impitoyablement écartée, d'autant plus qu'il ne saurait s'agir que du
remboursement de dégâts réellement occasionnés.
BRAUN.
LE GRAND QUARTIER GÉNÉRAL ALLEMAND CONSIDERE LE GRAND
DUCHÉ DE LUXEMBOURG COMME THÉATRE DE GUERRE.
55.
Le colonel Tessmar, commandant des troupes allemandes, fondé de pouvoirs du
grand quartier général, à Luxembourg, au Gouvernement grand-ducal.
Lettre. Luxemburg, den 23. Juni 19l5.
Ich beehre mich, anliegende Abschrift*) eines Schreibens des Hr. General-Quartiermeisters ergebenst zur Kenntnis der Großherzoglichen Regierung zu bringen.
TESSMAR, Oberst.
*) N° 56.
Le grand quartier général au commandant des troupes allemandes, fondé de
pouvoirs du grand quartier général, à Luxembourg.
Gr. H. Qu., den 1. Mai 1915.
Auf das Schreiben vom 29. 4. 15 wird mitgeteilt, daß nach Ansicht der Obersten
Heeresleitung Luxemburg nicht nur als «ein von deutschen Truppen besetztes
ausländisches Gebiet», im Sinne des § 161 Mil.Str. G. B. ist, sondern auch wie das
Etappengebiet als «Kriegsschauplatz» (:§160 a. a. O:) betrachtet werden muß.
I. A.
II. gez. Zllner.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. le colonel
Tessmar, commandant des troupes allemandes, fondé de pouvoirs du grand
quartier genéral, à Luxembourg.
Lettre.**) Luxemburg, den 2. Juli 1915.
In der Untersuchungssache gegen Fournelle wegen Spionage wird heute in Trier vor
dem Kriegsgerichte verhandelt. Die Frage, die für den Entscheid, soweit überhaupt ein
Schuldbeweis tatsächlich geführt werden könnte, von ausschlaggebender Bedeutung
zu sein scheint, bezieht sich auf die Feststellung des Begriffes des in §160 M. St. G.
B. als Voraussetzung für die von einem Ausländer begangene Spionage angeführten
«Kriegsschauplatzes».
Nach einer Mitteilung, die am 23. Juni d. J. an die hiesige Regierung seitens der
dortigen Stelle gelangt ist, geht die Ansicht des Generalquartiers dahin, daß auch das
luxemburgische Landesgebiet in die Bezeichnung «Kriegsschauplatz» einbegriffen ist.
Dieser Auffassung tritt die luxemburgische Regierung und mit ihr die Rechtskundigen,
welche über die Kriegsgesetzgebung sich kommentarisch geäußert haben, entgegen.
Die Frage gehört der Tatsächlichkeit an.
Es kann entschieden mit «Kriegsschauplatz» nur der Raum gemeint sein, in welchem
in der Wirklichkeit kriegerische Operationen bewerkstelligt werden.
Örtlich wird, wie namentlich Romen und Rissom in ihrem Kommentar über das
Deutsche Militärstrafgesetzbuch, Seite 683 Anm. 3 sich ausdrücken «Begehung auf
dem Kriegsechauplatz» verlangt, also «auf demjenigen Gebiete, welches durch die
kriegerischen Entwicklungen tatsächlich in Mitleidenschaft gezogen wird, sei es zu
Lande oder zu Wasser.»
In gleichem Sinne äußern sich Liszt und Andere.
Es ist aber offenbar, daß diese Bestimmung auf das diesseitige Gebiet, das weit ab von
der Front liegt, in welchem keine occupatio bellica stattfindet, das gemäß Telegramm
des Staatssekretärs zum Schutze der Eisenbahnen besetzt wurde, in dem die deutschen
Truppen ausschließlich und bestimmungsgemäß mit der Bewachung der
Eisenbahnlinien und Brücken betraut sind, in keiner Weise zutreffen kann.
Truppen sind im Lande wohl durchmarschiert aber kriegerische Ereignisse haben sich
hierlands nicht zugetragen.
Ich bitte, dem Kriegsgericht in Trier diese Auffassung telegraphisch rechtzeitig bekannt
zu geben.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN
**) Voir n° 67.
<center>
58.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. le comte de Villers, chargé d'affaires du Grand-Duché à Berlin.
Lettre. Luxemburg, den 28. Juli 1915.
Durch Schreiben des Hrn. Befehlshabers der deutschen Truppen in Luxemburg vom 23.
Juni d. J. ist folgende Mitteilung an die Großherzoglich Luxemburgische Regierung
gelangt:
Gr. H. Qu., den 1. Mai 15.
An den Bflehlshaber der Truppen in Luxemburg
zu Luxemburg.
Auf das Schreiben vom 29. 4. 1915 wird mitgeteilt, daß nach Ansicht der Obersten
Heeresleitung Luxemburg nicht nur als «ein von deutschen Truppen besetztes
ausländisches Gebiet» im Sinne des § 161 Mil. Str. G. B. ist, sondern auch wie das
Etappengebiet als «Kriegsschauplatz» (:§160 a. a. O. ) betrachtet werden muß.
I. A. gez. Zllner.
Ich möchte Sie bitten, Herr Graf, bei dem Hohen Amt anzufragen, ob die
Reichsregierung mit dieser Ansicht einig geht und welches die rechtlichen und
tatsächlichen Folgen dieser Auffassung sind.
Genehmigen Sie, Herr Graf, die Versicherung meiner ausgezeichneten Hochachtung.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à M. le comte de Villers, Chargé d'affaires du Grand-Duché, à Berlin.
Lettre. Luxemburg, den 13. August 1915.
Im Nachtrage zu meinem Schreiben vom 28. des v. Mts. beehre ich mich, Euer
Hochgeboren die abschriftlich beigefügten Schreiben*) des Hrn. General-Direktors der
Justiz und der öffentlichen Arbeiten vom 11. u. 12. August zu überreichen.
Gerne benutze ich auch diesen Anlaß, um Ihnen, Herr Graf, die Versicherung meiner
ausgezeichnetsten Hochachtung zu erneuern.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
*) N° 60 et 61
M Thorn, Directeur général de la Justice et des Travaux publics, à M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement.
Lettre. Luxemburg, den 11. August 1915.
In dem beigebogenen Telegramm der Obersten Deutschen Heeresleitung wird
Saarbrücken als eine außerhalb des Operationsgebietes liegende Stadt bezeichnet.
Operationsgebiet wird mit Kriegsschauplatz gleichzusetzen sein. Wenn nun der örtliche
Zusammenhang der Stadt Saarbrücken mit der deutschen Front in Frankreich nicht
ausreichend ist, um sie als eine von dem Kriegsschauplatz umfaßte Ortschaft ansehen
zu können, so dürfte die Stadt Luxemburg, deren Entfernung vom eigentlichen
Kampfgebiete ungefähr dieselbe ist wie diejenige Saarbrückens, ebenfalls als außerhalb
des Kriegsschauplatzes gelegen betrachtet werden. Ich denke, der Hinweis auf die
Auffassung der Obersten Leitung der deutschen Heere wird für die Lösung der Frage,
ob das Landesgebiet zum Kriegsschauplatz gehört oder nicht, nicht ganz bedeutungslos
sein.
Der General-Direktor der Justiz und öffentlichen Arbeiten, gez. Thorn.
M. Thorn, Directeur général de la Justice et des Travaux publics, à M.
Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement.
Lettre. Luxemburg, den 12. August 1915.
Euer Exzellenz Aufmerksamkeit beehre ich mich auf die nachfolgend wiedergegebene
Mitteilung der Nr.221 der Frankfurter Zeitung ergebenst zu lenken.
« Ein bestrafter Verräter.
Mülhausen, 4. Aug. (Priv.-Tel. zens. Bln). Der verheiratete Alfred Meyer, Mitinhaber
der bedeutenden Speditionsfirma Meyer und Schauenberg in Mülhausen, wurde am 3.
August nach zweitägiger Verhandlung von dem Kriegsgericht der mobilen
Etappenkommandantur Mülhausen wegen Kriegsverrats zu lebenlänglichem Zuchthaus
und zum Verlust der bürgerlichen Ehrenrechte verurteilt. Daß der Angeklagte nicht zum
Tode verurteilt wurde, verdankt er hauptsächlich dem von ihm am Schluß der
Verhandlung abgelegten vollen Geständnis. Meyer stand im Dienste des französischen
Nachrichtendienstes, dem er längere Zeit hindurch Nachrichten über deutsche
Truppenbewegungen übermittelte.»
Es ergibt sich aus der Veröffentlichung, daß ein im Reichelande ansäßiger
Gewerbetreibender längere Zeit hindurch dem französischen Nachrichtendienste
Nachrichten über deutsche Truppenbewegungen nicht allein zu vermitteln
beabsichtigte, sondern in Wirklichkeit vermittelte, und daß er trotzdem, unter
Berücksichtigung des als strafmildernd angesehenen Eingeständnisses der Schuld, der
Todesstrafe entging.
In Elsaß-Lothringen wird der Kriegszustand erklärt worden sein und folgemäßig auf
den Angeklagten § 9, Nr. 2 u. § 58, 1 und Schlußbestimmung des deutschen
Militärstrafgesetzbuches Anwendung gefunden haben.
Wenn das Geständnis eines Spiones, der tatsächlich die gesammelten Nachrichten an
den Feind herankommen gelassen hatte, die Herabminderung der Todesstrafe zu
lebenslänglichem Zuchthaus ermöglichen konnte, so scheint auch die nur als Absicht
in die Erscheinung getretene Spionage nicht gerade die volle Strenge des Gesetzes nach
sich ziehen zu müssen.
Ich begebe mich hiermit auf das Gebiet der Tatsächlichkeit, in dem die Schattierungen
der Begebnisse den Richterspruch verschiedentlich beeinflussen. Die
Zusammensetzung des Richterkollegiums ist auch für die Bewertung der Tatumstände
nicht ohne Bedeutung. Immerhin kann grundsätzlich behauptet werden, daß die Absicht
der Nachrichtenvermittelung bei der Bestrafung der Schuldigen nicht der Durchführung
der Absicht gleichzusetzen sei.
Euer Exzellenz wird nicht entgangen sein, daß das Mülhausener Kriegsgericht der
rnobilen Etappenkommandantur der erwähnten Stadt zugeteilt ist. Es scheinen also die
Kriegsverratsfälle, welche im Elsaß vorkommen, ihre Lokalisation, wenigstens zum
Teil, in einem Etappengebiet, nicht im Operationsgebiet oder Kriegsschauplatze zu
finden.
Diese Feststellung würde, falls meine Betrachtungsweise nicht wegen mangelnder
Einsicht in die einschlägigen Verhältnisse irregeht, zu der Ausschaltung des diesseitigen
Staatsgebietes aus dem Begriffe des Kriegsschauplatzes hinführen.
und der öffentlichen Arbeiten,
gez. Thorn.
ARRESTATIONS ET VISITES DOMICILIAIRES, OPÉRÉES DANS LE
GRAND-DUCIHÉ DE LUXEMBOURG, PAR L'AUTORITÉ MILITAIRE
ALLEMANDE.
M. le lieutenant général Tullf de Tschepe et Weidenhach, général commandant en chef
le VIIIe corps d'armée prussien, à M. Eyschen, Ministre d'État, Président du
Gouvernement.
Lettre. Luxemburg, den 10. August 1914.
Eurer Exzellenz beehre ich mich davon Kenntnis zu geben, daß ich zu meinem
Bedauern in einzelnen Fällen lediglich zur Wahrung militärischer Interessen mich
genötigt gesehen habe, Verhaftungen Luxemburger Staatsangehöriger anzuordnen.
Zumeist beruht diese Maßnahme auf Mitteilungen, die mir von glaubwürdig
erscheinender Seite gemacht worden waren und sich nachträglich als haltlos erwiesen
haben.
Ich könnte es sehr wohl verstehen, wenn durch dergleichen Vorkommnisse in der
luxemburgischen Bevölkerung eine gewisse Beunruhigung Platz griffe. Ich halte es
deshalb für meine Pflicht, Euer Exzellenz ganz ergebenst zu bitten, Ihren Einfluß dahin
geltend machen zu wollen, daß die Bevölkerung Luxemburgs mit unzutreffenden
Mitteilungen der Militärbehörde gegenüber zurückhält. Im Interesse der Erhaltung der
korrekten Beziehungen zwischen Regieruug und Bevölkerung Luxemburgs einerseits
und den preußischen Heeresteilen andererseits glaube ich mich der Erwartung hingeben
zu dürfen, daß Euer Exzellenz diesen meinen Wunsch in geeigneter Weise unterstützen
werden.
Mit der Versicherung der vorzüglichsten Hochachtung
Euer Exzellenz ergebener
Tülff v. Tschepe,
Generallieutnant und
Kommandierende General des VIII. Armeekorps,
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement,au Commandement
supérieur des armées allemandes à Luxembourg.
Lettre. Luxemburg, den 20. August 1914.
Ich erfahre, daß auf Ersuchen des deutschen Oberkriegsgerichtsrates Wagener fünf
Personen unter Spionageverdacht in das Passagehaus Diekirch eingeliefert worden sind.
Die Spionage ist ein politisches Vergehen.
Durch Aufnahme von Personen, die dieses Vergehens angeklagt sind, würde sich die
Großherzogliche Regierung einer Handlungsweise schuldig machen, aus der ihr, als
Verwaltung eines neutralen Landes, die anderen kriegführenden Mächte einen
schwerwiegenden Vorwurf machen könnten.
Ich lege demnach gegen obiges Vorgehen energischen Protest ein.
Ich bitte das Armee-Oberkommando anzuordnen, daß die fraglichen Personen aus dem
Passagehaus entfernt werden und ähnliche Vorfälle sich im Lande nicht wiederholen.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Glouvernement, à M. de Buch, Ministre
d'Allemagne à Luxembourg.
Lettre. Luxemburg, den 2. Dezember 1914.
Eine der auffallendsten und unliebeameten Erscheinungen während des Aufmarsches
der deutschen Truppen durch das Großherzogtum war die Vornahme überaus
zahlreicher Verhaftungen von In- und Ausländern, auf hiesigem Territorium, welche
juristich ungesetzlich sowie häufig faktisch unbegründet waren.
So ist z. B. der Sohn des Bürgermeisters Kirsch aus Dippach, als Geisel in Gewahrsam
genommen worden. Andere sind verhaftet worden, wegen Streitscenen mit deutschen
Staatsangehörigen. Der weitaus größte Teil ist abgeführt worden wegen angeblicher
deutschfeindlicher Aeußerungen oder Betätigungen, welche den Behörden in anonymen
Schreiben gemeldet worden waren.
Angehörige fremder, sich im Kriegszustand mit Deutschland befindlicher Staaten, sind
aus diesem Grunde festgenommen und an unbestimmten Ort verbracht worden.
Ein bedeutender Teil dieser Verhaftungen geschah, wie es scheint, einfach auf anonyme
Anzeigen hin, ohne weitere Voruntersuchung. Auch blieben die Verhafteten, wie aus
obigem erhellt, zumeist sehr lange Zeit in Gewahrsam und wurden dann entlassen, ohne
auch nur einmal verhört worden zu sein.
Die Wenigsten sind dem Kriegsgericht überwiesen worden.
Man wird sich der Ueberzeugung nicht verschließen können, daß hier vielfach ein
vielleicht erklärbares, aber doch schuldbares Vorgehen der betreffenden Behörden
vorliegt, durch welches hiesige Einwohner in ihren Freiheitsrechten gekränkt. moralisch
und materiell geschädigt wurden.
Dieses geschehene Unrecht in den Grenzen der Möglichkeit wieder gut zu machen,
scheint mir eine Pflicht der Reichsregierung zu sein.
Darum möchte ich den Wunsch ausdrücken, beiderseitig Kommissionen zu ernennen,
welche an der Hand der Verwaltungs- und Gerichtsakten, sowie eventuell durch
Untersuchung, Vorschläge für die Schadloshaltung der Interessenten vorbereiten.
Genehmigen Euer Exzelleuz auch bei diesem Anlaß die erneute Versicherung meiner
ausgezeichnetsten Hochachtung.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, à. M. de Buch, Ministre
d'Allemagne à Luxembourg.
Lettre. Luxemburg, den 8. Dezember 1914.
Euer Exzellenz beehre ich mich meine Schreiben vom 17. November und 1. Dezember
d. J., betreffend die Verhaftung und Verurteilung des luxemburgischen
Staatsangehörigen Dardar Karl aus Rümelingen, durch die deutsche Militärbehörde, mit
der ergebenen Bitte um baldgefällige Antwort. in Erinnerung zu bringen.
Wie Euer Exzellenz aus der in Nr. 328 des «Luxemburger Wort» (erneut wieder
beigefügt) enthaltenen Meldung ersehen konnte, wurde Dardar am 13. November
letzthin in Luxemburg von einem Beamten der deutschen geheimen Feldpolizei wegen
angeblicher auf Großherzoglichem Gebiete begangener Verbreitung falscher
Kriegsnachrichten verhaftet und nach Coblenz-Ehrenbreitstein abgeführt. Dort wurde
er vom Kriegsgerichte zu einer Gefängnisstrafe von drei Monaten verurteilt und zwar,
wie es scheint, ohne Verhör von Entlastungszeugen und ohne Rechtsbeistand.
Nach Kenntnisnahme dieser Mitteilung beauftragte ich telegraphisch Hrn. Henrich II,
Rechtsanwalt in Coblenz, die Akten einzusehen und mir mitzuteilen, ob ein Rekurs
gegen den Kriegsgerichtsspruch möglich sei; es ging mir die Antwort zu, daß eine
Revision unzulässig sei.
Das gegen Dardar eingeschlagene Verfahren stellt einen unzulässigen Eingriff in die
persönlichen Freiheitsrechte der Einwohner des Großherzogtums dar. Es ist eine direkte
Verletzung der Großherzoglichen Landeshoheit und verstößt gegen alle territoriale
Zuständigkeitsbegriffe bezüglich der Gerichte.
Die Verhaftung eines luxemburgischen Staatsangehörigen durch deutsche Beamten im
Großherzogtum, wegen einer hierlands begangenen Handlung, dessen Verschleppung
nach Deutschland, sowie dessen Verurteilung durch deutsche Gerichte, widerspricht
auch der von der Reichsregierung feierlich gegebenen Zusicherung, daß die
vorübergehende Besetzung Luxemburgs nicht als ein dem befreundeten Großherzogtum
feindlicher Akt gilt.
Bei den vielen durch deutsches Militär vorgenommenen Verhaftungen hatte ich zu
verschiedenen Malen die Ehre, Euer Exzellenz sowohl als auch den auf dem
Durchmarsche begriffenen Militärbehörden zu versichern, daß die hiesige Regierung
es als ihre strenge Pflicht erachten werde, alle auf hiesigem Gebiet begangenen und
nach den bestehenden Gesetzen strafbaren Handlungen durch die Großherzoglichen
Justizbehörden unbedingt zu ahnden. Dieser Standpunkt ist u. a. festgelegt in meiner
Bekanntmachung vom 5. August, Memorial, Nr. 54, S. 913.
Ich kann daher nur mein lebhaftes Bedauern nochmals zum Ausdruck bringen über alle
die ungesetzlichen Polizeimaßregeln, welche von den einzelnen Militärbehörden
getroffen worden sind.
Genehmigen Euer Exzellenz die erneute Versicherung meiner ausgezeichnetsten
Hochachtung.
Der Staatsminister, Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
M. Eyschen, Ministre d'État, Président du Gouvernement, au Kommandieren
General des stellvertretenden General-Kommandos des VIII. Armeekorps,
eventuell an den Hohen Gerichtsherrn der stellvertretenden 30. Infantriebrigade à
Coblence
Lettre. Luxemburg, den 2. Februar 1915
In der Annahme, daß Eure Exzellenz die Delegation als Gerichtsherr erhalten haben, beehre