III, 109. Herr von Mérey an Grafen Berchtold, 2. August 1914

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WWI Archive > Dokumente zum Kriegsausbruch > III, 109. Herr von Mérey an Grafen Berchtold, 2. August 1914



Telegramm Nr. 580


R o m , 2. August 1914
Aufg. 7 Uhr 25 M. p. m.
Eingetr. 9 Uhr • / . a. m. 3./8.


C h i f f r e   —   G e h e i m


Im Verfolge meines Telegrammes von heute Nr. 579[1].
Text der italienischen Antwort:
« Nous avons examiné hier au soir, Salandra et moi, la réponse du comte Berchtold au sujet de l'article VII et je m'empresse de vous communiquer le résultat de notre conversation.
Le comte Berchtold subordonne l'acceptation de notre interprétation de l'article VII à l'attitude que l'Italie prendrait dans la crise actuelle. Or, an peut subordonner à cette condition ou à une autre condition quelconque, toute modification d'un traité, mais on ne peut subordonner à aucune condition son interprétation car il ne s'agit pas d'exprimer la volonté actuelle des Parties contractantes, mais de constater leur intention au moment oû elles ont contracté le pacte.
En effet l'Allemagne ne subordonne à aucune condition son interprétation conforme à la notre et c'est logique.
En second lieu, il faut considérer que la crise actuelle est transitoire tandis que la Triple¬Alliance est destinée à durer 12 ans et peut être renouvelée, et il est désirable, je puis même dire qu'il est nécessaire, que pendant cette longue periode la politique de l'Italie et celle de l'Autriche¬Hongrie soit identique dans les questions balcaniques : il est désirable et même nécessaire que leur activité diplomatique puisse se développer dans le plus parfait accord et avec la plus entière confiance et cordiale réciprocité. Pour atteindre ce but, il est indispensable que nous soyons parfaitement rassurés sur l'interprétation de l'article VII. Cette nécessité est encore plus évitente dans la crise actuelle, même si nous ne prenons pas part à la guerre, car c'est surtout dans des moments plus difficiles et dans lesquels les occasions d'appliquer l'article VII semblent plus probables, que, pour pouvoir appuyer d’une manière constante, claire et résolue par notre attitude diplomatique l'action militaire de nos alliés, nous avons besoin d'être entièrement rassurés sur l'interpretation par l'Autriche¬Hongrie de l'article VII.
D'autre part, son acceptation de notre interprétation de l'article VII qui est d’une grande importance pour notre attitude diplomatique, ne peut pas suffire à elle seule pour éliminer toutes les raisons très graves qui nous empêchent au moins en ce moment de prendre part à la guerre.
En effet, cette formule générale n'établit pas un accord clair et précis sur la nature et la valeur des compensations éventuelles, et sur leur proportion avec les dangers et les sacrifices énormes, superieurs à ceux auxquels s'exposent nos alliés. Cette différence immense entre les dangers et les sacrifices d’une part et les avantages d'autre part est justement la raison qui explique pourquoi l'Autriche¬Hongrie a voulu une guerre qu’elle aurait pu facilement éviter, tandis que nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour épargner à l'Europe cette terrible calamité. Nous espérons toutefois que, même sans prendre part à la guerre, des occasions se presenteront pour prouver à nos alliés nos sentiments sincérement amicaux et nous comptons par conséquent sur un accord de nature à concilier nos intérê[t]s respectifs.
Toutes ces considérations si graves qu'elles soient, ne nous empêcheraient pas de remplir notre devoir, si ce devoir existait, mais comme le « casus foederis » n'est pas applicable à la guerre actuelle, le conseil des ministres a, hier au soir, décidé la neutralité, sauf à prendre plus tard des décisions plus conformes aux désirs de nos alliés, si tel sera notre devoir ou si nos intérêts le conseilleront.
L'équilibre de l'Europe, de la Péninsule des Balcans et de la mer qui entoure l'Italie est pour notre pays un intérêt vital, et il ne recule devant aucun des sacrifices, devant aucune des decisions que la sauvegarde de son .....[2] et de son existence même pourrait lui imposer.
Dès le jour oû j'ai pris la direction de la politique étrangère de mon pays, un des buts principaux de mon activité a été de reserrer de plus en plus le liens d'amitié réciproque entre l'Italie et l'Autriche¬Hongrie. C'est dans ce but que je continuerai à diriger tous mes efforts, car je le crois essentiel dans l'intérêt de nos deux pays; pour l'atteindre il faut que leurs intérêts soient mis en harmonie et que ceux de l'un puissent prouver satisfaction sans que ceux de l'autre soient lésés.
Je compte sur le comte Berchtold et sur vous, mon cher Ambassadeur, pour m'aider à remplir cette tâche. »




  1. Siehe III, Nr. 108. (Zurück)
  2. Chiffre fehlt. (Zurück)



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