Difference between revisions of "III, 169. Graf Szécsen an Grafen Berchtold, 10. August 1914"

From World War I Document Archive
Jump to: navigation, search
 
(One intermediate revision by the same user not shown)
Line 13: Line 13:
  
 
<blockquote>
 
<blockquote>
     Reçu télégrammes No. 202 du 9 août et télégramme en clair même date<ref>Siehe III, Nr. 165  und 166.    (Zurück)</ref>. Ai immédiatement communiqué contenu à  M. Doumergue. Ministre qui avait reçu rapport télégraphique analogue de Monsieur Dumaine sur sa conversation avec Votre Excellence a reconnu que nos troupes ne se trouvaient pas à  la frontière française, mais il dit avoir renseignements positifs qu'un corps d'armée austro­hongrois a été transporté en Allemagne ce qui permet à  celle-ci de retirer ses troupes des territoires allemands occupés par nos soldats et constitue, selon avis du Ministre, facilitation des opérations de guerre allemande. J'ai à  différentes reprises attiré attention du Ministre sur le texte de la réponse de Votre Excellence, il a reconnu qu'on ne pouvait pas parler de participation effective de nos troupes à  la guerre franco­allemande, mais il insista sur ce que présence de nos troupes sur territoire allemand était incontestable et que ceci constituait aide militaire prêté à  l'Allemagne. Dans ces conditions, il a chargé Ambassadeur de France à  Vienne de demander immédiatement ses passeports et de quitter Vienne aujourd'hui avec tout le personnel de l'Ambassade. Le Ministre m'a dit que dans ces circonstances ma présence ici ne saurait être d'aucune utilité, mais que, vu excitation populaire, elle pourrait donner lieu à  des incidents regrettables qu'il désirerait éviter. Il m'a offert de mettre dès ce soir un train à  ma disposition pour quitter la France. J'ai répondu qu'il me serait impossible d'avoir instruction de Votre Excellence jusqu'au soir mais que, vu le rappel de Mr. Dumaine je le priai de me faire délivrer mes Passeports. J'ai constaté que le rappell de Monsieur Dumaine et mon départ constituaient interruption des relations diplomatiques. Le Ministre m'a assuré que je serai traitè avec tous les égards et que toutes facilitations possibles seraient accordées pour voyage. Il espère que M. Dumaine sera traité de même façon. En constatant parfaite courtoisie du Gouvernement de la République envers ma personne, je prie Votre Excellence de vouloir provoquer mesures analogues pour Ambassadeur de France. Je télégraphierai heure et direction de mon départ.</blockquote>
+
     Reçu télégrammes No. 202 du 9 août et télégramme en clair même date<ref>Siehe [[III, 165. Graf Berchtold an Grafen Szécsen in Paris, 9. August 1914|III, Nr. 165]] und [[III, 166. Graf Berchtold an Grafen Szécsen in Paris, 9. August 1914|III, Nr. 166]].    </ref>. Ai immédiatement communiqué contenu à  M. Doumergue. Ministre qui avait reçu rapport télégraphique analogue de Monsieur Dumaine sur sa conversation avec Votre Excellence a reconnu que nos troupes ne se trouvaient pas à  la frontière française, mais il dit avoir renseignements positifs qu'un corps d'armée austro­hongrois a été transporté en Allemagne ce qui permet à  celle-ci de retirer ses troupes des territoires allemands occupés par nos soldats et constitue, selon avis du Ministre, facilitation des opérations de guerre allemande. J'ai à  différentes reprises attiré attention du Ministre sur le texte de la réponse de Votre Excellence, il a reconnu qu'on ne pouvait pas parler de participation effective de nos troupes à  la guerre franco­allemande, mais il insista sur ce que présence de nos troupes sur territoire allemand était incontestable et que ceci constituait aide militaire prêté à  l'Allemagne. Dans ces conditions, il a chargé Ambassadeur de France à  Vienne de demander immédiatement ses passeports et de quitter Vienne aujourd'hui avec tout le personnel de l'Ambassade. Le Ministre m'a dit que dans ces circonstances ma présence ici ne saurait être d'aucune utilité, mais que, vu excitation populaire, elle pourrait donner lieu à  des incidents regrettables qu'il désirerait éviter. Il m'a offert de mettre dès ce soir un train à  ma disposition pour quitter la France. J'ai répondu qu'il me serait impossible d'avoir instruction de Votre Excellence jusqu'au soir mais que, vu le rappel de Mr. Dumaine je le priai de me faire délivrer mes Passeports. J'ai constaté que le rappell de Monsieur Dumaine et mon départ constituaient interruption des relations diplomatiques. Le Ministre m'a assuré que je serai traitè avec tous les égards et que toutes facilitations possibles seraient accordées pour voyage. Il espère que M. Dumaine sera traité de même façon. En constatant parfaite courtoisie du Gouvernement de la République envers ma personne, je prie Votre Excellence de vouloir provoquer mesures analogues pour Ambassadeur de France. Je télégraphierai heure et direction de mon départ.</blockquote>
  
  

Latest revision as of 18:48, 25 June 2009

WWI Archive > Dokumente zum Kriegsausbruch > III, 169. Graf Szécsen an Grafen Berchtold, 10. August 1914



Telegramm ohne Nummer


P a r i s , den 10. August 1914
Aufg. 12 Uhr 50 M. p. m.
Eingetr. 7 Uhr · / . p. m.


Reçu télégrammes No. 202 du 9 août et télégramme en clair même date[1]. Ai immédiatement communiqué contenu à M. Doumergue. Ministre qui avait reçu rapport télégraphique analogue de Monsieur Dumaine sur sa conversation avec Votre Excellence a reconnu que nos troupes ne se trouvaient pas à la frontière française, mais il dit avoir renseignements positifs qu'un corps d'armée austro­hongrois a été transporté en Allemagne ce qui permet à celle-ci de retirer ses troupes des territoires allemands occupés par nos soldats et constitue, selon avis du Ministre, facilitation des opérations de guerre allemande. J'ai à différentes reprises attiré attention du Ministre sur le texte de la réponse de Votre Excellence, il a reconnu qu'on ne pouvait pas parler de participation effective de nos troupes à la guerre franco­allemande, mais il insista sur ce que présence de nos troupes sur territoire allemand était incontestable et que ceci constituait aide militaire prêté à l'Allemagne. Dans ces conditions, il a chargé Ambassadeur de France à Vienne de demander immédiatement ses passeports et de quitter Vienne aujourd'hui avec tout le personnel de l'Ambassade. Le Ministre m'a dit que dans ces circonstances ma présence ici ne saurait être d'aucune utilité, mais que, vu excitation populaire, elle pourrait donner lieu à des incidents regrettables qu'il désirerait éviter. Il m'a offert de mettre dès ce soir un train à ma disposition pour quitter la France. J'ai répondu qu'il me serait impossible d'avoir instruction de Votre Excellence jusqu'au soir mais que, vu le rappel de Mr. Dumaine je le priai de me faire délivrer mes Passeports. J'ai constaté que le rappell de Monsieur Dumaine et mon départ constituaient interruption des relations diplomatiques. Le Ministre m'a assuré que je serai traitè avec tous les égards et que toutes facilitations possibles seraient accordées pour voyage. Il espère que M. Dumaine sera traité de même façon. En constatant parfaite courtoisie du Gouvernement de la République envers ma personne, je prie Votre Excellence de vouloir provoquer mesures analogues pour Ambassadeur de France. Je télégraphierai heure et direction de mon départ.




  1. Siehe III, Nr. 165 und III, Nr. 166.



WWI Archive > Dokumente zum Kriegsausbruch > III, 168. Graf Szécsen an Grafen Berchtold, 10. August 1914